Un Coeur de Ville pour la Possession dès juin 2013

La course contre la montre a commencé pour la Possession. Mise en concurrence avec la SIDR, la SEMADER est l'aménageur qui a été choisi par la mairie pour "co-piloter" son projet "Coeur de ville", "l’une des opérations d’aménagement les plus importantes de l’île" pour les dix ans à venir.
L'emprise foncière peut en effet faire rêver nombre de municipalités : 34 hectares qui accueilleront 1.900 logements, deux groupes scolaires, un équipement hôtelier, une structure en faveur des personnes âgées, un équipement culturel qui devrait englober l'actuelle bibliothèque municipale, sans oublier un déplacement de l'actuel Hôtel de ville. Bref, c'est un mariage à 50 millions d'euros (hors bâti évalué entre 300 à 400 millions) sur lequel se sont mis d'accord l'équipe municipale et la SEMADER.
Deux aménageurs s'étaient alignés. Leurs dossiers d'aménagement respectifs ont été étudiés par une commission ad-hoc composée d'élus et de techniciens de la mairie entre le 27 septembre et le 15 novembre, explique Aude Quid'Beuf, chargée de mission de l'opération Coeur de ville.
De l'avis de tous, c'est le projet porté par la SEMADER qui a séduit. Plusieurs critères reviennent en boucle. "La SEMADER a présenté un projet en accord avec la stratégie de développement durable souhaité, mais aussi par la mixité sociale de cette future ZAC", explique Patrice Lauriol, adjoint délégué aux grands projets et vice-président du TCO. C'est "l'idée de ville-jardin" que retient le maire avec l'envie de toujours "favoriser les transports doux". Il faut rappeler qu'une première mouture devait prendre en compte le passage du Tram-Train.
Un autre critère en faveur de la SEMADER fera sans doute sourire les opposants à la politique municipale. L'aménageur promet un début du phasage des travaux pour juin prochain. Une aubaine pour la majorité qui devra présenter, a minima, la preuve d"un début de chantier avant les municipales. La SIDR n'a visiblement pas compris l'urgence de la situation. Son projet était articulé autour de travaux débutant en… 2015.
Un projet qui respire le développement durable
La mairie et l'aménageur sont liés pour 12 ans, durée prévue pour la finalisation complète de ce coeur de ville qui porte bien son nom tant la Possession est jugée pour ne pas en avoir. Une attente reçue 5/5 par les ingénieurs de la mairie. "Sans polémiquer, nous ne faisons pas que du béton, nous ne construisons pas que des immeubles, sans oublier les trottoirs", sourit Patrice Lauriol. "Je dis ça de façon ironique", poursuit-il, car le projet prévoit "des potagers et des aires de convivialité. Nous voulons un espace de vie qui réclame le moins possible l'usage de la voiture mais aussi avec une architecture raisonnable". Le tout inscrit dans un projet éco-cité.
Pour le directeur général des services, Doris Carassou, le terrain est déjà pacifié concernant les expropriations. "L'aménageur a déjà reçu l'accord de principe de 70% des propriétaires des terrains" sur lesquels doivent s'inscrire la ZAC. A entendre Doris Carassou, les 30% restant concernent "5 ou 6 familles" qui auront tout intérêt à trouver une entente gagnant-gagnant avec la SEMADER, pour éviter d'aller en contentieux.
C'est justement pour éviter toute dérive financière pour les comptes publics que la mairie a également opté pour la SEMADER. "L'aménageur prend une part significative des risques de dérapage financier, explique le DGS. Prenons un exemple : le mètre carré dans le secteur oscille entre 150 à 160 euros. Si pour une raison ou une autre, le prix passe à 200 euros, qui comble le différentiel ?". La SIDR ne proposait pas une telle garantie par rapport à son concurrent.
La population pourra s'informer de l'avancée des travaux dans une future "maison des projets" qui réhabilitera du même coup la "maison Payet". Un autre bon point concédé par la SEMADER qui avait décidément tout compris. Le conseil municipal devra prendre connaissance de cette décision et l'approuver le 12 décembre.



