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UFR : « Les concours de beauté, une forme de violences faites aux femmes »

Dans un communiqué, l'Union des Femmes Réunionnaises (UFR) répond aux accusations du comité Miss Réunion de mener un combat "d'arrière-garde". L'association rappelle donc que ce sont les associations qui doivent ramasser les morceaux de vie brisée de victimes du sexisme et de son corollaire : les violences faites aux femmes.

Ecrit par La rédaction – le mardi 29 août 2023 à 18H17

Le communiqué :

Selon le rapport de janvier 2023 du Haut Conseil à l’Egalité, « le sexisme ne recule pas en France. Au contraire, il perdure et ses manifestations les plus violentes s’aggravent. » Non, Monsieur le Président du Comité Régional de Miss Réunion, il ne s’agit nullement d’un sujet « d’arrière-garde » !

D’ailleurs, depuis 2017, Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, en a fait la grande cause de ses deux quinquennats. En 2023, 15% des femmes réunionnaises sont victimes de violences conjugales, soit trois fois plus que dans l’Hexagone.

À La Réunion, les associations de défense des droits des femmes reçoivent tous les jours les victimes de ces violences et les accompagnent dans leurs démarches pour faire respecter leurs droits. Ces droits ont été acquis de haute lutte par nos aînées. Dans nos associations, nous mesurons combien ils sont fragiles. En effet, même si le sexisme est un fléau sociétal antique et séculaire, il faut reconnaître qu’il évolue et s’adapte à notre société. Ainsi, il se décline sur les réseaux sociaux, ce qui n’était pas le cas dans les années 1990…

Derrière l’audience et les paillettes, cette élection propose de « juger des jeunes femmes » selon des critères sexistes puisqu’il s’agit de mesurer et d’apprécier les aptitudes des différentes candidates qui exécutent des consignes poussiéreuses : « sourire, marcher, se déhancher, s’habiller, poser, s’exprimer (… enfin dire ce qu’il faut pour plaire plus que les autres) ». Le Comité Régional de Miss Réunion organise donc chaque année, la grande parade des jeunes filles, événement particulièrement divertissant.

Nous rappelons que juger des personnes et les comparer entre elles selon des critères de conformité à un modèle attendu de la femme réunionnaise parfaite, c’est adopter une posture sexiste à l’égard des femmes. Or, il nous faut répéter que le sexisme est le terreau des violences faites aux femmes.
Nous faisons référence aux coups, aux attaques, aux dénigrements, aux jugements qui condamnent les femmes au silence.

Ces strass et ces paillettes d’une soirée exceptionnelle ne suffisent pas à nous faire oublier le triste décompte des féminicides, les mesures des lésions et les rapports des médecins des légistes, les vies brisées et la détresse des femmes… et tout le courage qu’il faut rassembler pour se relever.
Nous ne resterons pas silencieuses devant le spectacle de ce concours de beauté qui met des jeunes femmes en vitrine dans le but de réaliser « la plus grosse émission de TV qu’on soit capable de faire à La Réunion ».

Et nous rappelons les révélations d’Ingreed Mercredi sur l’envers du décor : « Une Miss ne compte plus les mains aux fesses ou autres bisous dans le cou. Miss Réunion, c’est une poupée. On vous fait croire qu’on vient chercher votre personnalité de femme, mais dès qu’on arrive à la couronne, on évince cette personnalité. »

L’Union des Femmes Réunionnaises

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