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Trump, coûts, climat : pourquoi le Mondial 2026 est déjà au cœur des polémiques ?

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 11 juin 2026 à 08H32

La Coupe du monde 2026 débute dans un climat inédit. Entre tensions géopolitiques, restrictions migratoires, coûts exorbitants pour les supporters et critiques environnementales, le tournoi s'annonce comme l'un des plus controversés de l'histoire.

Avant même le coup d'envoi, la Coupe du monde 2026 est déjà entourée de nombreuses controverses. Organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette édition est décrite par plusieurs observateurs comme la plus géopolitique de l'histoire du tournoi.

Pour la première fois, un pays hôte organise la compétition alors qu'il s'est engagé dans un conflit militaire au cours de l'année du Mondial. Les frappes américaines menées aux côtés d'Israël contre l'Iran et les tensions qui en découlent ont renforcé le caractère hautement politique de l'événement.

Trump omniprésent autour du tournoi

Donald Trump a fait de cette Coupe du monde un symbole de son second mandat et des célébrations des 250 ans de l'indépendance américaine.

Déjà en 2018, lors de l'attribution de l'épreuve, le président américain n'avait pas hésité à menacer les pays qui ne soutiendraient pas la candidature nord-américaine. Huit ans plus tard, son influence continue de peser sur l'organisation du tournoi.

Le président américain avait notamment menacé à plusieurs reprises de retirer des rencontres à certaines villes gouvernées par les démocrates, estimant qu'elles ne garantissaient pas un niveau de sécurité suffisant. Des déclarations qui avaient placé la FIFA et les villes concernées dans une situation délicate.

Visas, immigration et tensions diplomatiques

La politique migratoire américaine constitue une autre source de préoccupation. Les restrictions de visas annoncées par Washington concernent plusieurs pays qualifiés pour la compétition, notamment l'Iran, Haïti, le Sénégal ou encore la Côte d'Ivoire. L'image de la douane américaine contrôlant directement les joueurs ivoiriens sur le tarmac à la sortie de l'avion constitue l'une des premières images choquantes de l'évènement.

Ces difficultés ne concernent pas seulement les supporters. Des retards ou des refus de visas ont également touché certains membres des délégations et des officiels du football. C'est notamment le cas de l'arbitre somalien Omar Artan qui s'est vu refuser l'entrée sur le territoire américain.

Les relations parfois tendues entre Washington, Ottawa et Mexico alimentent également les interrogations. Entre droits de douane, différends commerciaux et enjeux sécuritaires, la coorganisation entre les trois pays se déroule dans un contexte loin d'être apaisé.

Une Coupe du monde de plus en plus inaccessible

Pour les supporters, cette Coupe du monde risque aussi d'être l'une des plus coûteuses jamais organisées.

Billets, vols internationaux, vols intérieurs, hôtels et restauration : suivre son équipe nécessitera un budget considérable. La dispersion des matches sur l'ensemble du continent nord-américain complique encore davantage les déplacements.

L'incertitude sur le parcours des équipes oblige de nombreux supporters à réserver tardivement leurs voyages, avec à la clé des prix souvent très élevés. Pour beaucoup, assister à plusieurs rencontres devient un luxe réservé aux plus aisés.

Le Mondial le plus polluant de l'histoire ?

L'autre grande polémique concerne l'environnement. Si les organisateurs mettent en avant leurs engagements climatiques, plusieurs études indépendantes estiment que le bilan carbone réel pourrait atteindre au moins 9 millions de tonnes de CO₂.

Le principal facteur est connu : les déplacements. Avec 48 équipes, 104 matches répartis sur trois pays et des millions de supporters appelés à parcourir un continent entier, l'avion devient incontournable.

Les critiques visent également l'élargissement du tournoi. Pour plusieurs ONG et groupes de réflexion, le passage à 48 équipes et 104 rencontres illustre une logique de croissance permanente privilégiant les recettes commerciales au détriment des objectifs environnementaux.

Entre démonstration de puissance américaine, tensions diplomatiques, inflation des coûts et critiques écologiques, la Coupe du monde 2026 apparaît ainsi comme bien plus qu'un simple événement sportif. Mais si Trump et la FIFA comptent bien en tirer profit, pas sûr que le football en ressorte gagnant.

Etiquettes : Coupe du monde | Football | PU2

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