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Trois remarques concernant les barrages

Ecrit par zinfos974 – le lundi 10 juillet 2017 à 12H22

Je suis travailleur libéral et je dépends de la route pour travailler et, donc, faire vivre ma famille.

Ce message est adressé à tous les acteurs concernés, dont les planteurs qui bloquent les routes.

1/ La filière canne est morte et enterrée. Il est produit dans le monde 4 millions de tonnes de sucre par JOUR. Cette canne vient du Brésil et de l’Inde. Elle est produite par des gens pauvres qui rêveraient du train de vie de nos agriculteurs.

Par le biais de la conteneurisation beaucoup de produits sont désormais mondialisés. Il est parfois plus économique de faire venir un produit et de développer en local des produits spécifiques pour le marché local et l’export.

Puisque nous visons l’indépendance énergétique et alimentaire, plantez donc des salades et des radis. C’est vrai qu’il faudra alors vous baisser et suer, mais au moins le peuple vous en sera reconnaissant. De plus vous cesserez d’appauvrir les sols,  de polluer, vous devrez embaucher et vous contribuerez à l’amélioration de la santé de tous (cf. carotte de 4 kilos pièce transgénique d’Australie).

2/ Vous avez le don de ne PAS vous rendre sympathiques. Oui, c’est un don. A entendre les conversations locales, on se rend compte que, oui, vous n’êtes pas aimés.

On ne va pas entrer en psychanalyse, mais il me semble que quand toute une branche de la population est contre une idée mais que vous la soutenez quand même, cela démontre un problème. Le déni. On ne vous aime pas et ce n’est pas en bloquant les routes que l’on va vous aimer.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Quand je pars travailler, je consomme. De l’essence, un repas, un café. Cette consommation génère une circulation économique.

1 plein = TIPP (taxe qui revient à l’état). 1 repas : je contribue à faire vivre un restaurateur, ses fournisseurs, incluant des agriculteurs, ses livreurs. Je paye une TVA qui permet de construire des écoles (entre autres) et donc d’apprendre à lire (d’ailleurs, planteur, si tu me lis, c’est grâce à cette même école). Je suis formateur : je vends un savoir utile. Je travaille = je paye mes charges (CSG, URSAF, CGSS…) qui profitent à tous (et même qui financent des subventions).

Donc, pourquoi n’aimons-nous pas votre action ? Parce que si je ne vais pas travailler, je ne contribue pas au système, je ne nourris pas ma famille, je ne produis rien d’utile (au fond comme toi planteur de canne), ce qui fait que je ne t’aime pas, CQFD.

3/ Cher Préfet,

Ce n’est pas vraiment En Marche en ce moment, non ?

Je te fais un topo rapide. Voir des motards de la gendarmerie Nationale escorter des tracteurs qui nous pourrissent la vie au lieu de garantir la Liberté de Circulation (des majuscules s’imposent), article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme,   est un spectacle ahurissant.

Je suis né après 68, mais je me souviens des images de CRS qui bastonnaient joyeusement de l’étudiant qui revendiquaient un changement de vie. Ils se battaient pour des idées. Alors que fait la police contre une bande d’agriculteurs qui bloquent pour du pognon? L’étudiant c’est plus facile ?

Ne pas agir contre ces gens, c’est avouer la faiblesse de l’action publique. C’est manquer de c.

Voilà. Trois petits points pour résumer un état d’esprit partagé par beaucoup, exprimé par peu, et surtout pas par nos politiques et représentants de Chambres, dont le silence est révélateur du clientélisme dont ils font preuve.

G.

 

 

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