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Trois enfants éplorés face à leur bourreau : Alcoolisme, violence habituelle, résignation…
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Ecrit par zinfos974 – le vendredi 4 juillet 2014 à 09H38

Que faisaient là ces trois mômes, au banc des témoins, tête baissée, face à celui qui fut si peu leur père et si souvent leur bourreau ? Depuis plusieurs mois, depuis qu’il a enfin quitté le domicile conjugal, ils ne veulent plus entendre parler de lui et ne veulent rien dire. Car ils ont toujours peur.
On apprend que malgré les sollicitations familiales, ils ont refusé de téléphoner à leur "papa" (!) le jour de la Fête des pères. De là à imaginer le calvaire de ces enfants…
Emue, la présidente Françoise Pétureaux fait sortir les trois marmailles de la salle d’audience. Le plus jeune écrase un pleur furtif, comme s’il en était gêné. Il reste de toute façon une victime à la barre, la maman.
Jean-Pascal Saint-Aignan, chétif, mal attifé, mal à l’aise dans ses tongs, fait partie de ces gens à qui l’on conseille de ne pas sortir par grand coup de vent. Quasi hagard, il ne semble pas bien comprendre ce qu’il fait là.
Ce sont les personnels de l’école qui ont découvert le martyre subi par ces trois enfants : les traces de coups sur tout le corps, les excoriations dans le dos sont éloquentes.
Interrogée par les enquêteurs, la maman avoue qu’il y a plusieurs années que cela dure. Elle est elle-même victime de coups et mauvais traitements depuis une dizaine d’années.
"Il boit souvent et quand il boit, il cogne, pour rien". Lorsqu’il a estimé sans doute les enfants assez âgés pour endurer sa violence, sa rage destructrice s’est reportée sur eux… sans épargner la maman. Il est devant sa télé, ils jouent, cela le dérange, il bastonne.
"Il donne des coups de poing, des coups de pied, ou de tout ce qui lui tombait sous la main". Les menaces de mort avec sabre à canne brandi sous le nez des enfants ont été nombreuses.
Lui ne reconnaît pas grand-chose sinon quelques claques, sans plus. Plusieurs fois sa compagne lui a demandé de partir et ce n’est que dernièrement, depuis le début de cette année, qu’il s’est enfin résolu à se réfugier chez sa sœur, à Saint-Denis. "Depuis, dit la petite femme, cela va beaucoup mieux. Ils ont recommencé à bien travailler et ont de bonnes notes".
Me Videlo-Clerc, pour la partie civile, a mis en avant que "c’est encore pire quand le père ne reconnaît pas ses fautes. Cela revient à accuser ses propres enfants de mentir. Quand on est ainsi dans le déni, la réitération des faits de violence est inévitable. Elle lui a demandé souvent de partir mais n’a pas porté plainte. Parce qu’elle était dans la peur et n’arrivait plus à réagir".
Le procureur Zuchowicz a aussi stigmatisé cette accoutumance à la violence et à la résignation. "Où est le père protecteur ? Où est le géniteur bienveillant ? Pas chez cet être démonté par l’alcool et la précarité !"
Tant de misère sociale, intellectuelle et morale ont adouci les réquisitions, suivies par la Cour : 8 mois avec sursis, obligation de soins, éloignement du domicile familial et interdiction de porter une arme. Ce qui vaut aussi pour les grands couteaux.
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