Tram-train : "La fuite en avant"...

La Région a signé un accord en janvier 2007, le protocole de Matignon, dans lequel elle s'engageait à réaliser le tram-train et la route du littoral, sur la base d'un budget total de 2 milliards 245 millions d'euros. Le budget destiné au tram-train était d'1 milliard 315 millions d'euros, soit 780 millions d'euros provenant de la Région en apport direct, 435 millions d'euros de manière forfaitaire et 100 millions d'euros qui émaneraient de l'Europe.
"Il n'est pas normal, deux ans après que la Région ait signé le protocole, que l'on découvre son contenu" indique Thierry Sam-Chit-Song, conseiller régional UMP, qui dit avoir toujours eu des doutes quant à la faisabilité du projet. "Aujourd'hui, c'est la fuite en avant. Soit la Région a compris que techniquement et financièrement c'est trop lourd et trop compliqué, et elle prépare l'opinion à l'abandon du projet... Soit elle essaie de faire pression sur l'État. Lorsque l'État a transféré aux Régions la compétence ferrée, dans le cadre de la décentralisation, il y a eu une dotation qui a suivi en métropole. A La Réunion, il n'y a pas de voies ferrées, comment voulez-vous avoir une dotation lorsque vous n'avez pas de voies ferrées ?"
"Pierre Vergès a su trouver les mots justes"
Cela fait deux ans que les partisans de l'UMP notamment, réclament un PPI (Plan pluri-annuel d'Investissement) afin d'avoir une meilleure lisibilité quant aux moyens de financement du tram-train.
"Un projet indissociable du projet de la route du littoral" indique Dominique Fournel, conseiller régional, qui ajoute que pour obtenir la dotation ferroviaire, "il faudrait une loi". Ceci dit, Dominique Fournel se dit favorable au projet : "Sur un plan environnemental, c'est un projet qui va dans le bon sens et c'est un avis qui est partagé par un certain nombre de Réunionnais, à condition qu'à terme, le tram-train aille jusque dans le Sud et dans l'Est jusqu'à Saint-Benoît".
"C'est une question de balance entre les grands projets, par rapport aux financements disponibles" insiste Dominique Fournel qui évoque à titre d'exemple le projet de la MCUR qui "doit garder son esprit mais dont le coût, 100 millions d'euros, est trop élevé. Nous attendons toujours le PPI(...). Il faut annoncer la réalité des coûts" insiste t-il, "ce qui permettrait de justifier auprès des Réunionnais le montant à venir des fiscalités".
Pour Raymond Lauret, Pierre Vergès fait plutôt une mise en garde "modérée" à l'État. Selon lui, l'État doit comprendre que "La Réunion n'est pas un département de seconde zone (...). C'est quand même l'État qui a décidé, il y a une cinquantaine d'années, qu'il n'y aurait plus de transport ferroviaire" rappelle le partisan de l'Alliance, qui dit avoir du mal à imaginer que "le gouvernement se défausse à ce point". Pour Raymond Lauret, Pierre Vergès ne fait que "gérer les affaires de la Région dans l'intérêt des Réunionnais. Pierre a parfaitement raison et a sû trouver les mots justes pour le dire".


