Trafic de drogue : cocaïne, B13, "Le Dou" et près de 100.000 euros cachés dans la marmite

Cocaïne, B13, "Le Dou", cannabis... Le procès du juteux trafic de drogue qui devait se tenir cette semaine au tribunal correctionnel de Saint-Pierre a été renvoyé. Cinq jeunes devaient s'expliquer sur des faits qui se déroulaient entre le sud de l'île, l'Hexagone et les Pays-Bas.
En attendant leur procès le 27 juin prochain, quatre des cinq prévenus qui devaient comparaitre devant le tribunal correctionnel sont maintenus en prison. Pour motiver ses réquisitions, le procureur a évoqué la quantité de stupéfiants et d'argent saisis dans ce trafic pour “l'argent facile comme c'est souvent le cas” mais aussi le risque de pression et de concertation.
Il faut dire que dans cette affaire, les liens entre les prévenus sont également familiaux. Une affaire qui entre dans un premier temps sur les radars de la douane en février 2024. Des colis contenant plus de 2 kg de cannabis, près d'un kilo de cocaïne pure à plus de 80% et aussi du B13 sont interceptés. Deux jeunes du quartier de Bois court sont interpellés : Théo qui réceptionnait les colis et Benjamin chez qui près de 100.000 euros ont été découverts, emballés dans des sachets à l’intérieur d’une marmite cachée derrière la gazinière.
Voyages entre La Réunion, la métropole et les Pays-Bas
Les investigations amènent finalement les enquêteurs vers les frères Rodrigue et Grégory T., originaires de Saint-Louis, mais aussi les cousins Jean-Sébastien et Jean-Emmanuel L.
Les surveillances téléphoniques et les filatures révèlent des déplacements en métropole et aux Pays-Bas. Depuis la région parisienne, d’autres colis de drogue sont interceptés. Les empreintes de Jean-Sébastien et Rodrigue sont retrouvées sur les paquets. Les deux hommes sont suspectés d'être à la tête de ce trafic.
Fin juillet 2024, des interpellations et perquisitions sont menées et malgré la détention, le trafic semble se poursuivre. Des téléphones sont saisis dans les cellules de Rodrigue, Jean-Sébastien dit "l'ours" et Thomas.
Un suspect manque toutefois à l’appel : David, qui aurait servi de "nourrice" pour la drogue dans son logement à Saint-Louis. Les recherches menées à Mayotte, où il aurait pu se réfugier, sont restées vaines à cause du passage du cyclone Chido.
Les avocats plaident la remise en liberté
Ce jeudi, cinq des neuf suspects se sont retrouvés à la barre du tribunal correctionnel mais n'ont pas pu s'expliquer sur le fond du dossier.
“Il viendra à l'audience et il ne va pas se concerter. Il n'a jamais pris sa fille dans ses bras”, a plaidé Me Farid Issé pour la défense de Benjamin qui ne s'est “pas enrichi”.
“Si on veut lutter contre le trafic de drogue à La Réunion, on ne doit pas passer par la détention. Nous allons droit dans le mur, vers une catastrophe régionale. En Guyane, ils l'ont fait et ça n'a pas fonctionné”, tente d'élargir le débat de la remise en liberté de son client, le bâtonnier Normane Omarjee pour la défense de Rodrigue.
Finalement, seul le bâtonnier George André Hoarau a obtenu la libération sous contrôle judiciaire de son client Jean-Emmanuel, en attendant le procès renvoyé au 27 juin.


