Trafic de cocaïne : deux Colombiennes jugées pour avoir transporté plus de 5 kilos de drogue

Interpellées en juillet 2024 à l’aéroport de La Réunion avec plus de cinq kilos de cocaïne dissimulés dans une valise, Milena C. et Claudia V. , âgées de 46 ans, comparaissaient pour transport et détention de stupéfiants. À la barre, elles ont affirmé avoir ignoré la nature de la marchandise.
Le 6 juillet 2024, à son arrivée à l’aéroport Roland-Garros, Milena C. est contrôlée par les douanes. Le chien renifleur marque sa valise. Invitée à déclarer d’éventuels objets, elle répond par la négative. Lors de la fouille, les agents constatent que le bagage, pourtant vide, est anormalement lourd. Le démontage révèle un double fond contenant 5,16 kilos de cocaïne, conditionnée en sachets.
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La drogue, dont la pureté est estimée de 82 à 87 %, représente une valeur marchande comprise de 619 000 à 774 000 euros. Après recoupements, les enquêteurs estiment que la marchandise aurait pu générer plusieurs millions d’euros à la revente.
Placée en garde à vue, Milena C. assure avoir ignoré le contenu de la valise. Elle explique que ses billets d’avion — Madrid, Dubaï, Afrique du Sud, puis La Réunion — ont été payés par un homme rencontré sur internet. Elle devait déposer la valise dans un hôtel avant de repartir le lendemain pour Le Cap.
Une enquête infructueuse
L’enquête conduit à l’interpellation de Claudia, arrêtée dans un hôtel de Saint-Pierre. Les deux femmes, d’origine colombienne et installées en Espagne depuis une vingtaine d’années, se connaissent depuis tout ce temps. Claudia V. indique avoir accepté le voyage en pensant transporter de l’argent, contre la promesse de 3 000 euros. Elle assure n’avoir jamais vu la somme promise.
À l’audience, les deux prévenues présentent leurs excuses. Milena évoque des conditions de détention difficiles et dit avoir accordé sa confiance à de mauvaises personnes. Claudia V. fait part de son mal du pays. Le procureur souligne l’impossibilité de remonter jusqu’au commanditaire et qualifie l’affaire de « banal dossier de mules », estimant que la mauvaise foi est caractérisée.
Le ministère public requiert quatre ans d’emprisonnement, le maintien en détention, une interdiction de paraître à La Réunion pendant cinq ans ainsi qu’une expulsion à l’issue de la peine. La défense plaide l’absence d’intention frauduleuse, mettant en avant la sophistication du système de dissimulation et les parcours de vie difficiles des deux prévenues.
Le tribunal a décidé de les condamner à 3 ans d'emprisonnement. Libérables sous peu après 14 mois de détention, elles devraient normalement retourner prochainement en Espagne.


