Tirs de mortier sur la BAC au Port : la meneuse présumée relaxée

Désignée comme la meneuse du groupe de jeunes ayant attaqué la police lundi soir à la Rivière-des-Galets, une jeune femme de 21 ans a été relaxée par le tribunal correctionnel.
"Une scène de guerre" à la Rivière-des-Galets, dépeint la procureure. Ce soir du lundi 24 novembre, le secteur compris entre la résidence Rodin et le point de deal récemment démantelé de Ti Karé va brusquement s’embraser.
Des caméras dans le viseur
Un groupe de jeunes s’en prend aux caméras de vidéoprotection récemment installées par la SEMADER, le bailleur social du quartier, et entre par effraction dans la loge du gardien pour dérober divers objets. Quand la police intervient, les agents sont accueillis par des tirs de mortiers d’artifice, déjà employés pour tenter de détruire les caméras. Des barricades sont également dressées par les jeunes aux visages masqués, qui continuent de tirer sur la police, blessant sérieusement un fonctionnaire de la BAC au niveau de la tempe.
Une femme qui harangue les jeunes cagoulés ?
Le tireur présumé est interpellé. Il s’agit d’un mineur, déjà connu de la justice pour son implication dans l’affaire des jets de galets sur la RN1 ayant coûté la vie à une jeune femme en 2023. En garde à vue, celui-ci reconnaît avoir fait usage d’un mortier. Mais il met aussi en cause une jeune femme comme étant la "meneuse" ayant distribué ces armes par destination et incité les jeunes à dégrader les caméras de surveillance, et même à s’armer de cocktails molotov. "Allons péter toutes les caméras", aurait-elle crié aux jeunes, donnant les instructions.
Robe fuchsia ou sweat-shirt noir
Les policiers avaient justement repéré parmi les émeutiers une jeune femme vêtue d’une robe rose fuchsia, jeune femme qu’un témoignage anonyme va également mettre en cause bien que la description vestimentaire diffère beaucoup, le témoin la décrivant habillée d’un short et d’un sweat à capuche noirs. "Une incohérence" pour la défense, alors que la Portoise de 21 ans est jugée ce vendredi 28 novembre en comparution immédiate pour provocation à un attroupement armé et recel de vol. La jeune femme a en effet été trouvée en possession d’une machine à café dérobée dans le local de la SEMADER.
"Je n’ai rien fait", assure la jeune mère de famille, déjà condamnée en 2023 pour violences avec arme. "J’habite là, J’étais sortie manger avec une copine et j’ai rencontré ces jeunes que je ne connaissais pas. Ils m’ont donné la machine à café mais c’est tout", assure-t-elle à la barre.
"Tout le monde a peur de vous"
"On voit en procédure que tout le monde à peur de vous dans le quartier, votre famille a menacé un témoin, le jeune dit que vous l’avez menacé de le faire enfermer dans une cave pour le battre", réplique la procureure. "C’était le 14 juillet dehors, avec des bruits d’explosion, les gyrophares qui tournent, et vous, vous restez là au milieu alors que vous avez un enfant de quatre ans à la maison", pointe encore la magistrate, qui requiert 18 mois de prison avec sursis probatoire.
Pour les six policiers ayant essuyé les tirs de mortier, l’avocate de la partie civile avait dénoncé "des agissements totalement inadmissibles" et mis en doute les "explications peu claires" fournies par la prévenue.
"Elle était juste là"
"L’accusation d’un mineur et un témoignage bancal, c’est tout ce qu’il y a dans ce dossier" conteste Me Nicolas Normand en défense. "Comment peut-on oser l’amener ici comme la meneuse, celle qui a tout manigancé, alors qu’elle est là en vacances dans sa famille ? Elle était juste là et s’est retrouvée au milieu", martèle l’avocat.
Après en avoir délibéré, le tribunal a tenu compte de ces arguments pour prononcer la relaxe de la prévenue. Une décision accueillie avec un soulagement par ses proches venus la soutenir à l’audience.
Le mineur, auteur présumé du tir de mortier et écroué, sera jugé prochainement, de même que deux autres individus, un majeur et un mineur, soupçonnés d’avoir pris part aux évènements de Ti Karé mais remis en liberté sous contrôle judiciaire.
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