Taxes sur le rhum : l’UCOR soutient une hausse des prix au nom de la santé publique

Alors que le débat politique se crispe à La Réunion autour d’éventuelles taxes supplémentaires sur l’alcool, l’Union des consommateurs réunionnais (UCOR) prend position. L’association estime que l’augmentation du prix de l’alcool constitue un levier indispensable pour répondre à un enjeu majeur de santé publique et de sécurité.
Pendant que la Région et le Département s’affrontent sur la question des taxes, le débat autour de l’alcool continue de diviser. D’un côté, les professionnels du rhum alertent sur les risques pour leur chiffre d’affaires. De l’autre, l’Union des consommateurs réunionnais (UCOR) défend une approche centrée sur la santé publique, estimant que les conséquences sociales et sanitaires de la consommation d’alcool à La Réunion ne peuvent plus être ignorées.
Dans un communiqué, l’association apporte son soutien au docteur Éric Mété, médecin addictologue, qui affirme que "l’augmentation du prix des alcools est un des leviers pour faire baisser la consommation d’alcool". Une position partagée, selon l’UCOR, par de nombreux experts du secteur.
L’association dresse un constat alarmant. "Chaque jour qui passe voit augmenter le nombre de femmes et d’enfants battus, de bébés victimes du SAF (syndrome d’alcoolisation fœtale), de parents battus par des enfants alcoolisés", souligne-t-elle. Selon les données relayées, l’alcool serait responsable de 450 décès à La Réunion en 2024. Sur les routes, il serait impliqué dans "10 morts et 250 blessés par an", pour un total d’environ 40 décès annuels. Le coût social est, lui, évalué à "2 milliards d’euros pour la Réunion".
"Ça suffit !"
Face à cette situation, l’UCOR estime qu’il est urgent d’agir. "Ça suffit !", tranche l’association, qui avance plusieurs pistes pour réduire la consommation d’alcool, parmi lesquelles l’interdiction de certains conditionnements attractifs ou encore la diminution du nombre de points de vente.
L’UCOR plaide également pour un fléchage strict des recettes issues de ces taxes. "Toutes les taxes doivent servir directement à donner les moyens de prévenir la consommation d’alcool auprès de tous", insiste l’association. Les sommes récoltées devraient permettre de "construire des refuges pour les personnes victimes de violences intrafamiliales" et de "construire des lieux pour recevoir les malades et traiter les addictions".
Si l’UCOR affirme combattre la vie chère, elle pose une ligne claire : "A l’UCOR nous combattons la vie chère mais jamais nous ne lutterons contre l’augmentation du prix de la bouteille d’alcool". Et de conclure : "Rien ne doit être placé au-dessus du combat contre les violences intrafamiliales et contre le SAF".


