Suspension de la hausse de la taxe foncière : le gouvernement recule face à la fronde des Français

Le gouvernement fait marche arrière sur la hausse de la taxe foncière.
Sous le feu des critiques, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, mercredi devant le Sénat, la suspension du projet d’actualisation des bases de calcul jusqu’au printemps prochain, le temps de définir une méthode "plus locale" et "adaptée aux réalités du terrain".
Face au tollé provoqué par la fuite d’un document de Bercy prévoyant une hausse moyenne de 63 euros pour 7,4 millions de logements dès 2026, l’exécutif tente d’éteindre l’incendie. "Toute approche nationale est mort-née", a martelé Sébastien Lecornu, qui souhaite désormais confier la révision des bases locatives à une échelle départementale, voire "commune par commune". Les ministres concernés ont reçu pour consigne de repousser le calendrier à mai ou juin 2026, afin de laisser place à la concertation avec les collectivités.
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Bras de fer entre Bercy et les maires
La réforme, censée corriger des valeurs locatives obsolètes depuis plus d’une décennie, a tourné au fiasco politique. Les élus locaux, pris de court, assurent n’avoir "jamais demandé" cette régularisation. À Bercy, on rappelle que "les communes perçoivent l’intégralité des recettes" – plus de 55 milliards d’euros en 2024 – et que la mise à jour répondait à une demande ancienne des collectivités.
Un jeu de "patate chaude" auquel l’État et les maires se livrent régulièrement, chacun rejetant la responsabilité de la hausse sur l’autre.
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Une réforme explosive à l’approche des municipales
À quelques mois des élections municipales, les élus locaux redoutent la colère des propriétaires déjà confrontés à une envolée de la taxe foncière de près de 40 % en dix ans.
Pour éviter tout dérapage, le gouvernement mise sur une solution intermédiaire : permettre aux maires de vérifier eux-mêmes les déclarations d’éléments de confort (salle de bains, raccordement à l’eau, chauffage…), via les commissions locales des impôts.
Sébastien Lecornu promet une réforme en profondeur du système, à la fois "technique et politique". En attendant, la suspension de la hausse offre un répit bienvenu au gouvernement, comme aux contribuables — et une bouffée d’oxygène pour des élus déjà sur la défensive à l’approche des urnes.


