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Taxe foncière 2026 : pourquoi 7,4 millions de logements vont payer plus

Ecrit par N.P. – le jeudi 20 novembre 2025 à 08H51

Une opération de “mise à niveau” des fichiers fiscaux va gonfler la note de millions de propriétaires dès l’avis de taxe foncière d’octobre 2026. Mise à jour des critères de confort, logements sous-évalués, recours possibles : on fait le point en trois questions.

Pourquoi la taxe foncière va-t-elle augmenter ?

La taxe foncière est un impôt local payé chaque année par environ 32 millions de propriétaires. Son calcul repose sur la valeur locative cadastrale (VLC) de chaque bien, une sorte de loyer théorique fixé par l’administration fiscale. Or cette valeur est déterminée à partir de données souvent très anciennes, parfois vieilles de près d’un demi-siècle. Résultat : une partie du parc est considérée comme sous-évaluée au regard du confort réel des logements aujourd’hui.

Pour actualiser cette base, Bercy va passer au crible les fichiers afin d’intégrer des éléments dits “de confort” qui ne sont pas toujours renseignés : eau courante, électricité, sanitaires, équipements sanitaires (lavabo, baignoire, WC, etc.). Ces équipements ne sont pas neutres : dans la mécanique fiscale, chacun se traduit par l’ajout de mètres carrés “fictifs” à la surface du logement. Plus la surface retenue est élevée, plus la valeur locative, donc la taxe foncière, augmente.

Concrètement, un logement qui dispose de tous ces équipements mais qui est encore traité comme un bien peu ou mal équipé dans les bases de l’administration verra sa valeur locative corrigée à la hausse. Le ministère des Comptes publics défend une mesure de “justice fiscale” : l’idée est que deux logements au niveau de confort similaire contribuent à hauteur comparable, et que certains biens ne continuent pas à bénéficier, de fait, d’un avantage lié à des fichiers obsolètes.

Quels propriétaires vont être touchés et de combien ?

Selon le ministère de l’Économie, 7,4 millions de logements sont visés par cette mise à jour, soit un peu moins d’un cinquième du parc immobilier français (hors Mayotte). Il s’agit de logements pour lesquels l’administration estime, au vu des standards actuels, qu’il manque au moins un élément de confort dans la fiche descriptive, alors qu’il est très probable qu’il existe en réalité.

Tous les biens ne sont pas concernés. Les logements classés en catégories fiscales 7 et 8 – ceux considérés comme médiocres, très dégradés ou non réhabilités, où la présence d’eau, d’électricité ou de sanitaires n’est pas systématique – doivent être exclus du dispositif. L’effort se concentre donc sur des logements qui, sur le papier, apparaissent moins bien équipés qu’ils ne le sont réellement.

Pour les propriétaires, la hausse ne sera pas identique partout. La direction générale des finances publiques évoque un rendement global de 466 millions d’euros supplémentaires pour les collectivités locales. La révision toucherait environ un quart des maisons et 15 % des appartements, avec des effets variables selon les territoires et les taux votés par les communes et intercommunalités. À titre indicatif, l’administration évoque une moyenne d’environ 12 euros par mètre carré ajouté, ce qui peut représenter quelques dizaines d’euros de plus par an dans de nombreux cas, et davantage pour certains biens.

Quand cela va-t-il s’appliquer et peut-on contester ?

La nouvelle donne ne se verra pas sur les avis 2025, mais sur ceux de la taxe foncière d’octobre 2026. D’ici là, plusieurs étapes sont prévues. Les propriétaires identifiés comme potentiellement concernés doivent recevoir un courriel de l’administration fiscale au début de l’année 2026. Il leur sera alors possible de contacter les services de la DGFIP avant le mois d’avril s’ils estiment que leur logement ne dispose pas des équipements que l’administration s’apprête à lui attribuer.

En juin, Bercy doit détailler la liste des éléments de confort retenus et la manière dont ils seront intégrés dans le calcul. Les propriétaires qui constateraient une erreur – par exemple l’attribution d’une baignoire ou de WC alors que le logement n’en est pas équipé – pourront contester leur avis de taxe foncière et demander un dégrèvement correspondant.

Politiquement, la mesure commence déjà à susciter des tensions. L’opposition réclame son abandon et le gouvernement a promis un “point d’étape” dans les prochains mois, en laissant entendre que la pertinence du dispositif pourrait encore être réévaluée. En attendant, pour les propriétaires, un réflexe s’impose : surveiller de près les informations fiscales attachées à leur bien, et ne pas hésiter à les corriger si la réalité du logement ne correspond pas à ce que l’administration croit savoir.

Etiquettes : Taxe foncière

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