Revenir à la rubrique : National

La taxe foncière va augmenter pour 7,4 millions de logements, suite à une mise à jour des données...

Ecrit par N.P. – le mercredi 19 novembre 2025 à 07H54

Bercy s’apprête à actualiser les bases foncières en 2026 pour tenir compte des équipements de confort désormais généralisés dans les logements. Une opération de “mise à jour” qui se traduira, pour des millions de propriétaires, par une hausse moyenne de 63 euros de taxe foncière.

C’est une réévaluation discrète mais d’ampleur nationale que prépare le ministère de l’Économie. En 2026, les fichiers servant au calcul de la taxe foncière seront corrigés afin d’intégrer des éléments de confort comme l’eau courante, l’électricité, le chauffage ou les sanitaires, parfois absents des données cadastrales depuis plus d’un demi-siècle. Cette “fiabilisation des bases foncières”, présentée comme une mesure d’équité fiscale, touchera environ 7,4 millions de logements selon un rapport interne de la direction générale des finances publiques (DGFiP).

Le calcul de la taxe foncière repose sur la surface du bien, à laquelle s’ajoutent des “surfaces fictives” attribuées à certains équipements : quatre mètres carrés pour l’eau courante, deux pour l’électricité, cinq pour une baignoire… Autant d’éléments qui, au fil des décennies, sont devenus la norme sans que les fichiers ne soient mis à jour. Résultat : certains logements sont aujourd’hui sous-évalués par rapport à d’autres pourtant équivalents.

Cette régularisation, conduite en concertation avec les associations d’élus locaux, sera automatique. Les propriétaires n’auront aucune démarche à effectuer, sauf s’ils estiment que leur logement ne possède pas les installations mentionnées. Dans ce cas, une contestation restera possible. Selon Bercy, seuls les foyers “concernés par des changements significatifs” recevront un courrier d’information via leur espace sécurisé impots.gouv.fr à partir de juin 2026.

Lire aussi : Taxe foncière : La Réunion parmi les taux les plus élevés de France

La hausse moyenne est estimée à 63 euros par logement, mais les écarts seront marqués selon les régions. Globalement, cette opération devrait générer 466 millions d’euros supplémentaires de recettes pour les collectivités locales, soit une augmentation d’environ 0,9 % des bases communales.

Si le ministère des Comptes publics défend une démarche “de justice fiscale”, les syndicats de fonctionnaires et associations de propriétaires dénoncent une hausse “masquée”, appliquée sans vérification sur le terrain. La CGT Finances publiques estime que cette méthode risque de créer “une nouvelle vague de contentieux” et d’alourdir la facture des ménages modestes déjà confrontés à la flambée de la fiscalité locale.

Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a de son côté ouvert la porte à une réforme plus globale du mode de calcul de la taxe foncière, fondée non plus sur des critères de confort mais sur la valeur réelle des biens.

Etiquettes : Taxe foncière

Dans la même rubrique

0💬
Tri :