Sur-Rémunérations en outre mer? Il faut faire évoluer le système

Réfléchir au delà du pour ou du contre...
Depuis des décennies, on attaque le système des sur-rémunérations et des indemnités en outre-mer. Chaque Gouvernement, en cours de législature, se voit proposer dans des rapports de supprimer la prime de vie chère et l'index de correction principalement.
Les supprimer de manière brutale va poser des problématiques énormes pour les fonctionnaires qui sont en poste en outre-mer, dans les 3 fonctions publiques (Etat, Hospitalière et Territoriale) sans compter dans les structures privées et para-publiques qui ont aligné les rémunérations sur le public.
Ces désordres seront, de manière synthétique :
- une baisse de pouvoir d'achat pour les ménages, donc un surendettement inévitable
- une crise immobilière beaucoup plus généralisée que la crise des sub-primes,
- une augmentation du chômage par une baisse de la consommation des ménages et des investissements productifs
- une crise financière avec possible faillite des filiales bancaires les plus fragiles par absence de liquidités liée à la baisse des recettes provenant des emprunts et à la fuite de l'épargne.
Deux phénomènes (heureux ou malheureux, en fonction du point de vue) ne seront pas non plus négligeables :
- un exode des fonctionnaires zoreils vers la France Hexagonale avec vente de leur bien pour ne pas perdre plus
- une augmentation des fonctionnaires créoles vers La Réunion avec les difficultés de logement que cela induit.
Malgré ces difficultés, je suis plus pour évolution qui permettent au Gouvernement de faire des économies budgétaires dans le temps et qui sauvegardent le pouvoir d'achat des fonctionnaires actuels.
Je propose aux députés de La Réunion de déposer un projet dans le cadre de la Loi de Finances pour 2018 afin :
- d'intégrer les sur-rémunérations dans le salaire des fonctionnaires en poste en les faisant grimper "artificiellement" au dernier échelon de leur grade (ouvrant ainsi la possibilité pour beaucoup d'être promu au grade supérieur en fonction de leur employeur)
- de geler pour ces fonctionnaires le GVT et le point d'indice pour une période non reconductible de 5 ans
- de calquer la rémunération des futurs fonctionnaires en outre-mer sur celle en vigueur sur le territoire national.
Cette solution permettrait de sauvegarder l'ordre économique actuel, de faire des économies pour les années qui viennent (et non immédiatement) et de retrouver une stabilité sociale dans les différentes fonctions publiques. Mais si elle n'est pas assortie d'un moratoire de 5 ans pour interdire de recruter au delà du remplacement des départs à la retraite (c'est à dire maintenant le même effectif pour les 5 ans qui viennent), c'est une solution qui sera vouée à l'échec sur le plan des économies à réaliser.


