Sur le parking du Mc Do du Port, un drive « où il n’y a pas que des hamburgers »

Deux Portois écopent de prison ferme après une transaction de cocaïne surprise sur le parking du fast-food.
Deux Portois ont été condamnés mercredi 15 octobre à deux et trois ans de prison ferme pour trafic de stupéfiants. Poursuivis pour s’être livrés à de la revente de cocaïne et de résine de cannabis, les deux hommes étaient jugés en comparution immédiate à la suite d’une interpellation rocambolesque réalisée le 6 septembre dernier dans le secteur du Mc Donald’s du Port.
Course poursuite en ville
Un lieu « notoirement connu » pour y servir de point de rendez-vous pour la transaction de stupéfiants, note la procureure. C’est sur ce parking, « où il n’y a pas que des hamburgers » ironise le président, que les policiers remarquent le manège suspect d’un homme se portant au contact d’une Peugeot 308. Quand les fonctionnaires se rapprochent, le conducteur démarre en trombe.
Une course poursuite s’ensuit dans les rues du Port, l’automobiliste « prenant tous les risques » pour échapper aux policiers. A 120 km/h, il grille un stop, effectue un dépassement par la droite et manque de percuter un véhicule. Finalement pris de remords, l’homme décide de revenir à l’endroit du contrôle initial.
"Seigneur Hadès" dit laver des voitures
Sur lui, les policiers trouvent plusieurs centaines d’euros en liquide ainsi qu’un pochon de cocaïne. En garde à vue, le conducteur de la 308 reconnaît se livrer à de la revente depuis le début d’année 2024. Ses clients prennent contact via les réseaux sociaux, où il apparait sous le pseudo « Seigneur Hadès » et fixe rendez-vous pour la transaction.
Titulaire du RSA, le suspect affiche un train de vie qui surprend les enquêteurs. « Je lave des voitures et fait de la mécanique au noir », se justifie le prévenu. « Ça rapporte, le lavage de voiture », fait mine de s’étonner le président.
Pour payer la Mercedes
A ses côtés à la barre, un autre jeune Portois que les policiers lui ont présenté comme son possible fournisseur et qu’il a reconnu sur tapissage photographique, avant de se rétracter. Interpellé deux jours plus tard, celui-ci a été trouvé en possession d’une balance de précision et d’argent liquide.
Le jeune homme, qui travaille pourtant comme magasinier, reconnait se livrer à la revente de résine de cannabis et de cocaïne à raison de 5 g par semaine. Pour l’aider « à payer les traites » de la Mercedes SLK qu’il conduit.
Pour « cette transaction à ciel ouvert » et ses conséquences, le ministère public requiert des peines de trois et quatre ans de prison ferme.
« Dealers free-lance »
Des réquisitions « disproportionnées » pour la défense. « Ce n’est pas le point de deal de Ti Karé, où il y avait des vendeurs, des nourrices, des guetteurs. Ce sont plutôt des dealeurs free-lance motivés par l’argent facile et qui ne réalisent pas les risques qu’ils prennent », plaident les avocats.
Condamnés à des peines fermes avec maintien en détention, les prévenus ont également vu le tribunal prononcer la confiscation de leurs véhicules et des sommes en liquide saisies durant l’enquête.
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