Stupéfiants : une jeune mule lourdement sanctionnée pour le transport de 2,5 kg de cocaïne

Une mule, encore une, a été interpellée le 2 juin dernier à l'aéroport de Gillot avec une quantité astronomique de cocaïne. Alors qu'elle arrive avec une ceinture de cellophane autour de la taille, son comportement et ses réponses évasives lors de son contrôle attirent l'œil aguerri des douaniers. Fait assez rare pour le souligner, et sans mauvais jeu de mots, elle ne s'est pas dédouanée de ses responsabilités devant le tribunal ce mercredi 25 juin. Une information Zinfos974.
Noémie O., du haut de ses 22 ans, est plus que claire devant la présidente de l'audience de comparution immédiate : "Je savais que je transportais des stupéfiants, mais je ne savais pas ce que c'était". En effet, les douaniers l'ont interceptée avec la bagatelle de 2,5 kilos de cocaïne d'une pureté de 71 %, rien que ça ! La valeur marchande du produit est estimée par les services de douanes à 375.000 euros. Compte tenu du taux de pureté, de là à penser qu'elle puisse être coupée au moins cinq fois, il n'y a qu'un pas. En attestent les informations du parquet indiquant qu'un gramme contient entre 8 et 12 % de cocaïne.
"J'en avais besoin pour ma mère, j'ai accepté"
À la barre, la jeune fille répond avec aplomb aux questions de la présidente. Elle indique qu'elle a accepté le transport en raison des dettes de sa mère qui était menacée d'expulsion. Elle a été contactée par un ami sur les réseaux qui, voyant qu'elle avait déjà effectué un voyage à La Réunion, lui a proposé de faire un transport pour lui le 31 mai. Elle accepte, récupère la drogue, mais rate l'avion. Elle ramène le colis et, "en toute connaissance de cause", reprend l'avion le 1 juin. Comme elle l'indique aux enquêteurs, "ils m'ont prévenue que si je me faisais prendre, je risquais entre 2 et 10 ans de prison, tout dépend de ton comportement devant les douaniers. Ils m'ont proposé entre 3 et 5.000 euros, j'en avais besoin pour ma mère, j'ai accepté". Elle avait aussi accepté de repartir avec des espèces.
"Risquer 10 ans, ça valait le coup ?", rebondit la présidente. "Non, je n'aurais jamais dû accepter", répond-elle, prenant conscience de l'enjeu. La question est bien là : quelle va être la peine, les faits étant reconnus et qualifiés. Questionnée au sujet de la dette de sa mère par le parquet, la jeune fille montre un signe d'agacement à la barre : "Je n'ai appris qu'elle avait des dettes qu'au mois de mai". Ce n'est pas tant la réponse, mais le ton obséquieux qu'elle emploie envers le parquet qui la questionne sur les deux voyages qu'elle s'est offert. La procureure sous-entend ouvertement qu'elle aurait pu utiliser ces sommes pour combler les dettes. "Je ne savais pas à ce moment-là et puis, je travaille, j'ai aussi le droit de me faire plaisir !", s'agace la prévenue.
"Arrêtons de nous apitoyer sur le sort des mules !"
"Encore une mule, encore très jeune", tance la procureure qui s'agace du ton employé par la prévenue. Elle poursuit, "elle est bien consciente de ce qu'elle fait et sait qu'elle encourt 10 ans de prison. Elle, elle n'a pas été menacée par un réseau et a fait ça en toute connaissance de cause. Arrêtons de nous apitoyer sur le sort des mules ! Elle a cet aplomb de penser qu'elle est dans son bon droit. Leur motivation, c'est l'argent et c'est au même niveau que les autres maillons du réseau. Elle est au même niveau que les GO-FAST en métropole, c'est une personne déterminée. Ce n'est pas une mule ordinaire", fustige la magistrate qui requiert une peine de 5 ans de prison, une interdiction de territoire pour 3 ans et la confiscation des scellées.
"Encore une histoire 'classique' de mule avec des difficultés financières", répond la défense qui ajoute : "La différence, est que cette fois je vous ai fourni les preuves de ces dettes. Il ne s'agit pas de minimiser les faits qui sont reconnus. Elle n'a pris connaissance de ces dettes qu'en mai dernier. C'est cette réalité qui la pousse à accepter pour éviter l'expulsion de sa famille. Elle n'a que 21 ans, c'est effrayant d'en arriver là. Le drame de cette histoire est que tout le monde travaille dans la famille, ça, c'est une réalité", plaide la robe noire qui demande une peine mixte avec un aménagement sous bracelet électronique.
Après délibération, le tribunal condamne la jeune fille à 5 ans de prison, suivant intégralement les réquisitions du parquet. Elle devra également s'acquitter d'une amende douanière de 375.000 euros.


