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Stupéfiants : des braqueurs braqués mettent "un terme" à un important réseau entre Paris et La Réunion

Ecrit par Lucas Candessoussens – le dimanche 22 février 2026 à 15H25

Un groupe de braqueurs, des revendeurs de stups, une mule et des têtes de réseau ont conjointement été jugés au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Récit d'une affaire rocambolesque.

Au total, jeudi 19 février, ce sont 11 personnes qui étaient à la barre pour une histoire de braquage et de trafic de stupéfiants.

Avant de narrer les faits, il est important de préciser qu'une personne, soupçonnée d'être à la tête du réseau entre Paris et La Réunion et se faisant appeler "le Gitan", a vu sa procédure disjointe de ce dossier. Ainsi, il reste 10 personnes à être jugées à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis.

Les braqueurs braqués

Tout commence peu avant le mois d'août 2023. Deux hommes, cousins, montent un plan pour dérober une grosse quantité de stupéfiants. Comment ? C'est très simple. L'un des deux hommes connaît un "type" qui vend de la cocaïne. Il se dit alors que ce dealer est un "gringalet qui sera facile à braquer".

Ainsi, les deux passent commande auprès du jeune dealer et ils se mettent d'accord sur un deal. Le deal en question : 350 grammes de cocaïne pour un total de 40 000 euros. Un gros deal, donc. Le vendeur s'active pour déclencher son réseau et une mule arrive courant août 2023 pour apporter la marchandise.

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Le rendez-vous est donné un soir, sur le parking de la salle Candin à Saint-Denis. Le dealer est en présence de celui qui s'occupe de fournir la cocaïne, faisant le lien avec les "chefs" de réseau dans l'Hexagone.

Surgissent donc nos trois "clients", munis d'un pistolet à billes, non chargé. Comme prévu, la surprise, leur carrure, la menace d'une arme, même factice, font mouche. Ils emportent la marchandise et rentrent dans leur cité. Le dealer et son "pote" paniquent, mais décident pourtant de prendre les trois voleurs en filature avec leur voiture.

Plus tard, nos trois braqueurs arrivent dans leur cité et partagent le magot. Sauf qu'ils ont la bonne (ou mauvaise) idée de parler de ce "casse du siècle" autour d'eux. Ainsi, dans la nuit, l'un d'eux reçoit la visite d'hommes armés et cagoulés... qui emportent la cocaïne. Nouveau braquage donc. La petite amie décide d'appeler les policiers.

D'un braquage raté au démantèlement d'un réseau

Les policiers mettent les pieds dans un véritable trou de lapin. Ils interpellent rapidement les trois protagonistes quelque temps après. L'un d'eux crache le morceau sans hésiter. Mais surtout, après enquête, on arrive à débusquer plusieurs membres de ce réseau.

On va les lister sans trop détailler pour ne pas complexifier le récit. Sont interpellés : le dealer, son ami en lien avec les chefs, la petite amie de ce dernier chez qui on retrouve une grosse somme d'argent, un ami à eux, plus âgé, qu'on va désigner comme le "tonton", qui a caché une petite quantité de cocaïne à leur demande, et la mule qui a amené la cocaïne par avion.

Cette dernière n'hésite d'ailleurs pas à "passer à table", ce qui conduit à l'interpellation de trois têtes de réseau présumées, domiciliées en région parisienne.

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Grâce à l'étude de leurs téléphones et aux recoupements des témoignages, on peut désormais préciser le rôle de chacun dans ce réseau. D'abord, le dealer à La Réunion servait juste à écouler les stocks ; parfois, il officiait comme nourrice. Son ami, lui, s'occupe de passer les commandes.

Deux autres personnes ont joué un rôle mineur : "Tonton" d'abord, qui a récupéré après le braquage une petite quantité de cocaïne avec son ami. Aussi, la petite amie de celui en lien avec les "chefs", qui a récupéré la mule à l'aéroport et caché de l'argent chez elle.

La mule, parlons-en. Originaire de l'Hexagone, elle n'a pas hésité à donner les noms des chefs présumés de ce trafic de stupéfiants, permettant l'interpellation de trois Franciliens.

Ces derniers, "Gitan", son cousin et "Thai", sont donc interpellés et transférés à La Réunion.

Tout le monde est condamné

Pendant toute une journée, on a dressé le portrait, les motivations et les situations de chacun des protagonistes de ce dossier. Le procureur parle de deux "galaxies" différentes, celle à La Réunion et celle à Paris. Concernant cette dernière, Thai et le cousin de Gitan sont les deux seuls en détention provisoire.

Ils ont écopé des plus lourdes peines, à savoir 48 mois de prison dont 10 assortis d'un sursis probatoire et un maintien en détention pour Thai, tandis que l'autre a écopé de 36 mois de prison dont 16 assortis d'un sursis probatoire. Ce sont les deux qui ont soit complètement nié, soit minimisé leur participation à ce trafic de stupéfiants.

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Le reste des acteurs du réseau a écopé de peines allant de 36 mois d'emprisonnement pour la plus élevée à 12 mois, dont du sursis simple pour la petite amie et Tonton. Le dealer, l'intermédiaire et la mule n'ont pas de prison ferme à effectuer car ils ont passé suffisamment de temps en détention provisoire.

Enfin, pour notre trio de braqueurs, les peines vont de 16 mois pour le moins impliqué, à 3 ans dont 2 avec un sursis probatoire pour les deux autres.

Etiquettes : Justice | Stupéfiants | Tribunal

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