Ste-Marie : Il lui fait croire à une attirance sexuelle, le poignarde et lui vole sa voiture

Timide et la voix chevrotante au début de l'audience, Lorenzo a maintenu qu'il s'était rendu au domicile saint-marien d'un sexagénaire afin de lui acheter du zamal. Selon ses dires, ce dernier lui aurait ensuite proposé une relation sexuelle. Devant son refus, Lorenzo aurait été agressé au couteau. Grâce à ses connaissances en art martiaux, il aurait désarmé son rival et l'aurait menacé à son tour. C'est ainsi que la victime aurait sauté du balcon et se serait retrouvé blessée chez les voisins.
Face à l'évidence, Lorenzo finit par reconnaitre qu'il a manipulé l'autre en le laissant croire qu'il aurait certainement ce qu'il voulait. Pendant quelques minutes, les deux hommes s'étaient enlacés. Puis Lorenzo avait fait une clé au cou du sexagénaire qui s'était retrouvé au sol puis lui aurait infligé un coup de couteau dans le dos. En sang, ce dernier s'était précipité sur son canapé et avait indiqué au jeune homme qui le menaçait "de le tuer" où se trouvait ses clefs de voiture. Pendant que l'intéressé parcourait l'appartement pour s'en emparer, sa victime terrorisée avait sauté par la fenêtre de son balcon.
Il aura fallu deux heures au tribunal pour démêler cet écheveau de mensonges et de déclarations contradictoires. 2 ans de prison, dont un avec sursis probatoire, ont été requis par la représentante de la société. Le parquet a tenu compte de la réinsertion du prévenu depuis les faits vieux de trois ans. Depuis, Lorenzo a déménagé, a trouvé un travail, une compagne. Il est père d'une enfant d'un an. Il a admis que ses actes étaient vraisemblablement en lien avec un viol qu'il aurait subi au sein de sa famille alors qu'il avait 10 ans. Révélé à 16 ans, le secret avait fait l'objet d'une enquête classée sans suite. "Après ça, il a décroché", explique son conseil.
Malgré sa personnalité complexe et la gravité des faits pour lesquels il a finalement demandé pardon, Lorenzo écope de 2 ans de prison, dont un avec sursis probatoire. Cette peine sera aménagée par un juge de l'application des peines.


