St-Pierre : L’ancien directeur du greffe du tribunal judiciaire placé en détention pour faux certificats de nationalité

C’est sur un signalement de la préfecture de La Réunion que le parquet de Saint-Denis a ouvert une enquête pour faux en écriture publique, aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en bande organisée et corruption.
Une quarantaine de pièces d’identité fournies en 2022 grâce à la délivrance de faux certificats de nationalité seraient concernées.
L’ancien directeur du greffe de Saint-Pierre, parti à la retraite depuis environ six mois, est mis en examen par un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Saint-Denis ce mercredi soir pour avoir établi ces faux documents.
Un second individu, un quinquagénaire suspecté d’être le cerveau, est également poursuivi pour avoir organisé l’opération de délivrance de pièces d’identité grâce à ces faux. Il aurait monnayé ses services à des étrangers en quête de documents d’identité contre rémunération. La somme de 3.000 euros par dossier traité est avancée selon les premiers éléments.
Une fonctionnaire territoriale de la mairie saint-pierroise est également inquiétée. Cette dernière, affectée au service de l'état civil, est suspectée d’avoir été complice de la manœuvre lors de la saisie des documents nécessaires à l’obtention d’une carte d’identité ou d’un passeport. Elle a été mise en examen pour corruption et placée sous contrôle judiciaire.
À l’issue d’un débat à huis clos devant le juge des libertés et de la détention de Saint-Denis, Thierry D., 62 ans, et Radjoul G., 56 ans ont été placés en détention provisoire.
Le communiqué de la procureure de la République :
En application de l'article 11 du code de procédure pénale, la procureure de la République indique qu'une information judiciaire a été ouverte le 11 octobre 2023, dans laquelle trois personnes ont été présentées au magistrat instructeur.
Deux personnes, dont un ancien directeur de greffe en retraite, ont été mises en examen des chefs de faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique et recel, abus de confiance, corruption, aide au séjour irrégulier d'étrangers commise en bande organisée, complicité d’obtention indue de document administratif, et placées en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
Une troisième personne, fonctionnaire territoriale, a été mise en examen du chef de corruption et placée sous contrôle judiciaire comportant notamment l’interdiction d’exercer l’activité professionnelle ou sociale en lien avec l’infraction.
Les investigations vont désormais se poursuivre dans le cadre d’une information judiciaire, et sont donc soumises au nécessaire respect du secret de l’instruction et de la présomption d'innocence.


