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St-Pierre : Il se bat avec sa copine pour le dernier joint

Un trentenaire a été condamné pour avoir frappé sa petite amie mineure lors d'une histoire de zamal. Il était déjà sous le coup d'une condamnation, mais avait bénéficié d'un aménagement de peine pour favoriser sa réinsertion, avec un appartement et un emploi. Il écope maintenant de deux ans de prison ferme, en plus des 9 mois qu'il va devoir purger.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le lundi 12 juin 2023 à 16H44

Le 9 juin, Luc* est chez lui avec Claudine*, qui vit chez lui depuis 15 jours. L'homme a trente ans, mais n'a pas hésité à accueillir celle qui a 17 ans et demi il y a 15 jours. Il est sorti de prison début avril grâce à un aménagement de peine, alors que sa peine initiale devait se terminer en février 2024. Afin de favoriser sa réinsertion, il a obtenu un logement et un emploi. Mais plusieurs conditions s'appliquent, comme celle de ne recevoir personne à son domicile.

Malgré cela, il a proposé à la jeune fille de venir chez lui. Rapidement, la tension entre les deux grimpe avant que tout n'explose vendredi dernier. Alors qu'il s'apprêtait à fumer un joint avec Claudine, celle-ci veut récupérer ce qui reste de zamal pour aller fumer chez sa tante. Luc s'y oppose et le ton monte. Le bruit alerte les voisins qui ouvrent la porte de l'appartement.

À ce moment-là, Claudine va tenter de prendre la boîte avec le zamal que tient Luc, mais il réplique avec un coup de pied et prend une position de combat. Les voisins interviennent pour les séparer, et les policiers viennent interpeller le trentenaire un peu plus tard.

"Un petit coup de pied"

A la barre du tribunal, celui qui compte 17 mentions à son casier judiciaire, dont 5 pour violences, minimise son geste. "Ce n'était qu'un petit coup de pied pour la repousser", assure-t-il. Les hématomes sur la cuisse constatés par le médecin semblent pourtant indiquer le contraire. Il minimise également sa relation avec elle, parlant d'un simple flirt et "qu'il voulait s'en débarrasser depuis 2 ou 3 jours."

Des déclarations auxquelles ne croit pas la représentante du ministère public. "Il ne contestait pas d'être avec elle avant aujourd'hui. Il conteste les violences malgré la présence de trois témoins. En deux mois depuis sa sortie, il a commis de nombreuses fautes légales. On n'est pas sur quelqu'un qui est sur le chemin de la réinsertion", argumente la procureure qui requiert une peine de trois ans de prison ferme.

"Ils se disputent pour le joint, mais c'est elle qui se met en colère. Les témoins disent que c'est elle qui a voulu lui arracher la boîte. Si un homme avait arraché violemment quelque chose des mains d'une femme, on aurait parlé de violence, mais pas là", plaide de son côté Me Soizic Panefieu qui défend le prévenu.

Finalement, le tribunal va le condamner à deux ans de prison ferme, qui s'ajoutent aux 9 mois qu'il lui reste à purger. Il doit également dédommager la victime à hauteur de 800 euros pour le préjudice moral.

*Les prénoms sont d'emprunt.

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