Revenir à la rubrique : Faits divers

St-Pierre : Il n'est pas violent, juste victime des autres partout où il passe

Un homme de 42 ans a été jugé pour plusieurs épisodes de violence ces dernières semaines. Pourtant, il n'a jamais cessé de se faire passer pour la victime qui subit insultes et menaces partout où il passe. Il a été condamné à 30 mois de prison ferme.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le jeudi 14 décembre 2023 à 11H14

Dimanche dernier, Renaldo se rend avec un ami au Kazaoké à Terre-Sainte. Les deux hommes importunent l'équipe et les clients, tant et si bien que le patron va leur demander de quitter les lieux. Renaldo s'énerve, sort un pistolet, obligeant le personnel à baisser le rideau métallique.

Au bout d'une demi-heure, pensant que l'individu est parti, le propriétaire ouvre le rideau pour laisser sortir les clients. Un groupe d'amis sort, mais va être pris à partie par Renaldo qui les traite de "sales zoreils". Il se saisit de l'arme, qui est en fait un pistolet d'alarme, et veut tirer. Heureusement, il a mis les munitions à l'envers.

Une des femmes du groupe va lui mettre un coup de poing, le faisant tomber, et tous ensemble parviennent à l'immobiliser jusqu'à l'arrivée de la police. Lors de la garde à vue, les policiers vont faire le rapprochement avec une affaire arrivée cinq jours plus tôt. Un homme lourdement handicapé a été agressé chez lui par un individu qui lui a volé son pistolet d'alarme après l'avoir violemment frappé.

De plus, Renaldo faisait déjà l'objet d'un procès à venir. Le 8 novembre dernier, il s'était rendu dans un restaurant saint-pierrois et avait provoqué des troubles avec les clients. Les policiers avaient alors saisi sur lui du zamal et un couteau, lui valant un procès à venir. En effet, avec 13 condamnations, notamment pour des violences et agressions sexuelles, il avait strictement interdiction de détenir une arme.

Faites entrer la victime

Dans un grand numéro de victimisation, le prévenu va mettre la responsabilité de ses actes sur ses victimes. Au Kazaoké, "ils ont commencé à nous insulter et nous bousculer. On était les deux seuls créoles, le reste ce n'étaient que des étrangers. Ils nous ont traités de sales créoles et de sales nègres", jure-t-il malgré la dizaine de témoignages qui disent le contraire.

Sur l'agression de la personne porteuse de handicap, il explique qu'ils se sont rencontrés dans la rue juste avant. Claude* l'aurait invité à venir boire un coup chez lui. Une fois dans l'appartement, Claude aurait menacé Renaldo avec le pistolet d'alarme avant de tomber de son fauteuil roulant, ce qui explique, selon lui, qu'il s'est retrouvé inconscient au sol avec le nez cassé et l'arcade sourcilière ouverte.

"Il a réponse à tout. Il connaît bien la musique. Il a l'habitude de la délinquance et sait quoi dire et quand le dire. Il se victimise et c'est ça dans tous les dossiers. Pourtant, son casier parle pour lui avec 7 condamnations pour violences et la révocation de deux sursis", rappelle la procureure qui requiert une peine de 30 mois de prison ferme, ainsi que l'interdiction de détenir une arme pendant 15 ans.

Les juges vont suivre les réquisitions sur la peine de 30 mois de prison ferme, mais abaissent l'interdiction de détenir une arme à 5 ans. Il doit de plus verser 1.100 euros de dédommagements à Claude.

*Prénom d'emprunt

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :