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St-Paul : Le puits est prêt à livrer ses secrets

Cet après-midi, s'est déroulé un moment important dans l'élucidation de l'origine de la structure en pierre découverte il y a six mois à Saint-Paul. Des prélèvements ont été récupérés dans la roche. Les résultats ne sont, quant à eux, attendus que dans quelques semaines. S'en suivra un travail d'interprétation scientifique avec l'Université de la Réunion, entre autres, qui prendra tout autant, si ce n'est plus de temps. L'impatience et la curiosité des patients, elle, ne faiblit pas.

Ecrit par Ludovic Grondin – le vendredi 19 novembre 2010 à 18H00


Acte 3 pour ce que l’on nommera, à défaut de certitude, le « puits » de Saint-Paul. Après la découverte en mai dernier et la nouvelle mise à jour il y a deux semaines, le puits s’est laissé osculter cet après-midi sous les outils des spécialistes. Les prélèvements récoltés livreront des débuts de pistes, et uniquement des débuts de pistes dans les prochaines semaines. De là commencera réellement la longue interprétation scientifique. Autant dire que les curieux et autres passionnés devront s’armer de patience.

Pendant près de 30 minutes, Eric Kichenapanaïdou, archéologue et responsable du service patrimoine à la mairie de Saint-Paul, s’est laissé glisser dans la structure en pierre taillée jouxtant la mairie de Saint-Paul.

Le travail du scientifique a consisté en une première série de photographies des parois avant qu’une portion de celle-ci soit triturée sous les outils experts.

Deuxième étape, le prélèvement en lui même. A cet effet, deux échantillons ont été amassés. Un à fleur de paroi, un second derrière la paroi qui a été grattée méticuleusement.

 

Laisser le temps scientifique aux… scientifiques

Les relevés effectués seront analysés sous toutes leurs coutures dans les prochaines semaines. A partir de là, l’aide technologique ne sera pas de trop pour « la datation des échantillons au carbone 14 » comme le signale Edouard Jacquot, conservateur régional à la DRAC de la Réunion.

Sans attendre plusieurs mois avant d’avoir des nouvelles des résultats, les deux scientifiques ont dû jouer le jeu des suppositions. Il faut dire que « la découverte de cette structure en juin a créé un net regain d’intérêt pour la chose archéologique dans l’île. On a ouvert la boîte de Pandore », comme s’amuse à le dire Eric Kichenapanaïdou.

Les interprétations sociales à cet événement purement archéologique ne tardent pas à suivre, l’homme sait transmettre sa passion. « C’est une fenêtre qui s’ouvre sur notre histoire », commence-t-il. « Au-delà de la pierre mise à jour, on parle bien ici de la population de Saint-Paul à un moment donné où cette structure servait encore à quelque chose avant son enfouissement. Il n’y a pas de hiérarchie dans une telle découverte. Elle concerne tout le monde car c’est une Histoire commune. C’est une science sociale transversale ».

 

Des zones pavées trouvées à proximité

Au-delà des informations apparentes, Eric Kichenapanaïdou s’est malgré tout livré à quelques constatations informelles in situ, à l’intérieur du puits d’environ deux mètres de profondeur. L’intérieur du puits, ou de ce qu’il en reste, est de nature friable. Le moellonage de la pierre semble bien compressé et dense. La petite cavité creusée derrière la paroi s’est vite obstruée après seulement 40 cm d’avancée, à cause de l’ensablage. Promis, des sondages plus profonds devront aller plus loin.

Mais déjà, sans attendre une nouvelle expertise, depuis 15 jours, une autre bonne nouvelle est venue conforter les deux responsables du site. En effet, la rue goudronnée a été la proie des pelleteuses. Les scientifiques avaient cette intuition. Ils ne se sont pas trompés. A près de deux mètres autour du puits, a été mis au jour une étendue pavée dont les limites ne sont pas encore connues.

Dans ces conditions de trouvailles successives, gageons que la paisible rue François Lenormand n’est pas prête de retrouver son trafic habituel de sitôt.

 

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