St-Paul : Le casse-tête des stations de pompage en cas de coupure électrique

La commune de Saint-Paul a été parmi les plus impactées par les coupures de courant depuis le début de semaine, certes beaucoup moins que le Sud, toujours aussi dépendant de l'unique centrale thermique du Gol. Alors que le préavis de grève des agents d'EDF commence à se préciser tout doucement (il se termine lundi prochain à 9h), du côté de la régie des eaux de Saint-Paul, on redoute déjà un nouvel épisode comme celui de ce début de semaine. Il faut dire que la compagnie a dû déployer les grands moyens pour assurer un minimum de délivrance du précieux liquide à ses habitants. La configuration du relief saint-paulois ne joue pas en sa faveur.
"Dans les hauts de la commune, c'est évidemment là que nous avons le plus de mal à faire remonter l'eau, précise Patrick Pellegrini, avant d'ajouter, pour mieux comprendre le dilemme auquel est confrontée la régie de Saint-Paul, il faut savoir que la commune est découpée en sept paliers différents (du plus bas : au niveau de la mer, au plus haut : après la ligne des 1.600m du Maïdo par exemple). Mécaniquement, l'acheminement de l'eau qui se fait du bas vers le haut (contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient penser) devient un véritable casse-tête dès lors qu'une zone déterminée est délestée par EDF".
Des groupes électrogènes qui demandent toute une organisation
"Nos 40 stations de pompage disséminées un peu partout sur la commune fonctionnent en réseau. Donc, en cas de coup dur, nous devons gérer au mieux et déplacer les cinq groupes électrogènes dont nous disposons vers les stations à suppléer", souligne Patrick Pellegrini.
Ces groupes électrogènes sont très volumineux (de 3 à 7 tonnes). Ils doivent être déplacés à l'aide d'une grue. Bref, on est loin de ceux que l'on trouve chez le magasin de bricolage d'à côté. "Ce sont des matériels qui délivrent entre 500 et 1.000 Kva, c'est donc une puissance électrique très importante", rappelle le responsable de La Créole "car nous avons des zones à délivrer dans les hauts". Autrement dit, plus vous habitez dans les hauts, plus vous risquez d'être sujets à de telles coupures.
Les yeux scrutés vers les négociations chez EDF
Points noirs recensés ces derniers jours, les secteurs du Maïdo, Petite France, le Bernica, Tan Rouge, Palmiste et Bel-Air. En tout, Patrick Pellegrini estime à 2.000 le nombre d'usagers qui ont dû subir ces perturbations. Parmi les zones privilégiées, restera toujours la zone administrative du centre ville comprenant en autres l'Hôpital Gabriel-Martin, l'Hôtel de ville, ou encore la Sous-préfecture. Devant cette inégalité en fonction d'où l'on se trouve sur le territoire, le directeur de la Créole rappelle que les cinq groupes électrogène mobiles représentent un coût global d’environ 650 000 €. Si un équipement en plus grand nombre aurait été une solution évidente, leur entretien permanent pour une si faible utilisation dans l'année l'est beaucoup moins.
Au plus fort des délestages, ce sont pas moins de 20 agents de la Créole qui ont été mobilisés. A moins que la direction d'EDF ne trouve un compromis avec les syndicalistes de la CGTR EDF d'ici lundi matin, les agents de la Créole n'en ont peut-être pas tout à fait fini avec un mois de janvier qui commence fort et ce, sans même qu'un cyclone en soit la cause.



