St-Louis : Des coups de ceinture et la tête au-dessus de la cuvette des toilettes

La présidente n'en était qu'à la lecture des faits quand Benoit* est sorti de ses gonds. Il est reproché à ce père de 4 enfants de s'en prendre régulièrement à sa compagne et à ses fils âgés de 16 et 12 ans.
Benoit, pourtant à la barre, se tourne et jette un regard noir sur le banc des victimes. Première remontrance de la présidente qui l'enjoint à ne regarder que le tribunal face à lui et poursuit.
Le jour de son interpellation, le 27 octobre 2022, l'homme a lancé une chaise sur sa compagne en présence des enfants. La dispute éclate pour un compte Facebook que monsieur a créé en secret et pour lequel il n'a pas envie de s'expliquer.
Les enfants entendus lors de la procédure confirment les violences sur la mère : des insultes, des gifles, un vase jeté sur sa tête, ses cheveux tirés...
Benoit coupe la parole et proteste violemment. L'homme refuse de laisser parler la présidente. “En tant que père on n'a jamais rien le droit de dire”, s'emporte-t-il avant de préférer quitter le tribunal. Un départ qui inquiète le prétoire. Benoit est revenu depuis peu au domicile familial même si la séparation du couple est bel et bien consommée. L'homme pourrait se venger à l'issue du procès.
Les coups "seulement quand ils font des bêtises"
Les faits décrits par les deux adolescents lors de leur audition font également froid dans le dos. Benoit semblait s'acharner sur le cadet, “plus difficile”. Un épisode résonne particulièrement outre les coups de ceinture et les gifles. Non satisfait de la manière dont il a nettoyé les toilettes, Benoit va attraper son fils et positionner sa tête au-dessus de la cuvette des toilettes.
Le premier de 16 ans, considérablement amaigri, a été hospitalisé très récemment sous l'effet du stress de la situation.
Entendu durant l'enquête, Benoit a reconnu une partie des faits. Les coups de ceinture “seulement quand ils font des bêtises” et s'il a lancé la chaise c'est “parce que quand elle crie c'est insupportable. Tout ce qu'elle dit est faux et ça me dégoute”.
Des “violences quotidiennes d'un tyran domestique”, résume le conseil de la partie civile Me Farid Issé. “Les enfants sont pris dans un conflit de loyauté impossible pour eux mais ils ont fini par craquer et témoigner de violences”. Il demande 1 euro symbolique de dommages et intérêts pour la mère et 1.500 euros pour chacun des enfants.
Les violences physiques et psychologiques sont caractérisées, note le parquet qui insiste sur le “courage de dénoncer” également des idées éducatives “du XIXe siècle”. Frapper un enfant est aujourd'hui interdit, rappelle-t-il.
Benoit, son casier judiciaire jusque-là vierge a été condamné à 12 mois de prison avec sursis, l'interdiction de contact et de paraitre au domicile des victimes mais aussi des parents de celle-ci. Au vu de sa potentielle dangerosité, le tribunal a également prononcé l'interdiction de paraitre dans le quartier du Gol et de Plateau Goyave. L'autorité parentale lui a été retirée et une interdiction de porter une arme durant 5 ans a été prononcée, le tout avec exécution provisoire.
* nom de prénom


