St-Leu : L'oncle incestueux interdit de contact avec les enfants

Quelques jours après, l'adolescent va raconter ce qu'il s'est passé à sa petite soeur de 9 ans qui va prévenir leurs parents. Ils se décident alors à porter plainte. Lors de sa garde à vue, Nicolas affirme qu'il "serait venu lui-même se dénoncer" si sa famille ne l'avait pas fait à sa place.
Face à la présidente du tribunal, le prévenu n'arrive pas à expliquer ce qui l'a poussé à commettre ce geste. "Je ne sais pas. C'était une pulsion. Je voulais voir comment c'était", lâche-t-il pour seule explication.
Lors de l'audience, Nicolas va expliquer que son père lui faisait la même chose, en plus de la violence qu'il déversait sur toute la famille. Lorsque la juge lui a demandé ce qu'il ressentait lorsque son père lui faisait cela, il a expliqué qu'il "avait peur".
La mère de Noah s'est présentée à l'audience et ne décrit pas le même personnage que celui présent à la barre du tribunal. "Aujourd'hui, il a l'air d'un petit oiseau tombé du nid. Je ne le connais pas comme ça. À la maison, c'est un enfant gâté qui se met en colère dès que les choses ne vont pas dans son sens" indique la mère de famille. Elle précise à quel point son fils est atteint par ce qui s'est passé, lui qui souffre de harcèlement scolaire.
"Noah a l'impression que 'les méchants peuvent faire ce qu'ils veulent de lui'. C'est important pour lui qu'il soit entendu" explique de son côté Me Nathalie Pothin qui représente la victime. La robe noire ne croit pas non plus à l'image donnée par le prévenu. "Il est plus fort que ce qu'il nous montre. Il n'est pas si fragile. Il est surtout couvé par sa maman et est colérique chez lui. Les limites, il ne les a pas. Ses réponses sont convenues et il essaye d'aller dans le sens de ce qu'on attend" argue-t-elle.
Surtout, Me Pothin rappelle "qu'on le protège, alors qu'il y a d'autres enfants dans son entourage". Elle demande 2000 euros de préjudice moral pour chaque partie civile ainsi qu'une interdiction de contact.
"Il y a une reproduction des faits subis mais cela ne doit pas prendre le pas dans cette affaire. Cette reproduction est inquiétante. Il bascule de victime à agresseur. Il y a clairement une intention sexuelle" affirme la procureure qui requiert une peine de 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Elle demande également une interdiction de contact avec la victime et les mineurs ainsi que son inscription au fichier des délinquants sexuels.
"Après les agressions de son père, il n'a pas eu de suivi. On n'en parle pas dans la famille et donc la parole ne s'est pas libérée. Il n'a donc pas la notion de l'interdit. Le fait de reproduire cet acte, c'est de la transmission générationnelle, un phénomène reconnu" souligne Me Soizic Panefieu qui assure la défense du prévenu. Elle ajoute qu'il "serait dangereux d'envoyer quelqu'un qui ne sait pas s'exprimer comme lui en prison."
Le tribunal va le reconnaître coupable d'agression sexuelle et le condamne à une peine d'un an de prison avec sursis, une obligation de soins, l'interdiction de contact avec les victimes et les mineurs pendant 5 ans. Il doit de plus 800 euros à chaque parent de Noah, tandis que ce dernier va passer une expertise psychologique afin d'évaluer le montant du dédommagement lors du renvoi sur intérêts civils.
*Prénoms d'emprunt


