St-Benoit : Une gramoune diabétique forcée par sa petite-fille et son arrière-petite-fille à boire de l'eau salée

"Vous avez menti pendant toute votre garde à vue. Vous avez osé...", fustige le président de l'audience correctionnelle, vendredi 8 décembre dernier. Daniela, 40 ans, et sa fille Manon, 23 ans, baissent la tête devant les reproches du magistrat qui se montre pourtant plutôt magnanime en règle générale. Exaspéré par les faits reprochés aux deux prévenues, Stéphane Duchemin prend acte des désaccords entre la mère et la fille. À la barre du prétoire, l'ambiance entre les deux femmes est électrique.
Assise à quelques mètres, leur grand-mère et arrière-grand-mère se tient tranquille malgré ce que les deux autres lui ont fait subir, le 5 décembre dernier. L'octogénaire porte toujours les stigmates des coups qu'elle a reçus. Pourtant, son attitude reste bienveillante malgré les nombreuses heures qu'elle va devoir passer sur le banc de la partie civile au tribunal judiciaire de Champ-Fleuri.
Personne n'aurait pu savoir qu'elle avait été battue si une de ses petites-filles ne lui avait pas rendu visite ce fameux jour, la trouvant salement amochée. La robe qu'elle portait avait été passée à la machine à laver, probablement pour que les taches de sang soient effacées. Pour une raison que le procès ne permettra pas de comprendre, Daniela et Manon sont entrées dans une colère noire à l'encontre de la gramoune. Victime de gifles et de multiples coups sur le corps et sur le visage, la malheureuse a également été trainée sur les galets de sa cour vers le canapé du salon où elle a continué d'être frappée. Étonnamment, le parquet de St-Denis n'a pas visé le fait que les violences avaient été commises sur une personne vulnérable.
Car après avoir eu un chiffon enfoncé dans sa bouche pour l'empêcher de crier, la vieille dame de 86 ans a également été forcée à boire un verre d'eau salée. "L'une me tenait la tête pendant que l'autre m'obligeait à avaler", raconte-t-elle. "Forcer une personne diabétique à boire de l'eau salée, on sait bien ce que ça veut dire", tonne la représentante de la société, ajoutant que la tentative d'homicide aurait dû être retenue.
Un gouffre de l'indignité, des violences sadiques qui poussent le parquet à requérir de la prison ferme et une incarcération immédiate. Une décision qui a également été motivée par le comportement de Daniela qui n'a cessé de gémir tout au long des débats avant de reconnaitre les faits et de s'excuser quelques secondes avant que le tribunal ne se retire pour délibérer. Quant à sa fille, et bien qu'hébergée gracieusement chez la victime depuis son retour de l'Hexagone il y a quelques mois, elle n'a été prise d'aucun remord. Même remarque concernant sa condamnation de 2022 prononcée par le tribunal de Chalon-sur-Saône pour des violences.
Les deux femmes ont finalement été condamnées à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Elles dorment désormais à Domenjod. À leur sortie de détention, elles ont l'obligation de suivre des soins ainsi que l'interdiction de contact avec la gramoune dont elles devront indemniser le préjudice.


