St-Benoit : En fin de match, un supporter fait irruption sur la pelouse armé d'une machette

La scène est simplement surréaliste : il pénètre sur la pelouse en pleine bagarre générale et fait tourner sa machette au-dessus de sa tête, menaçant qui veut s'approcher. Apeurés, les joueurs s'enfuient tandis qu'un des capitaines tente de le stopper. Il reçoit un coup dans les côtes avec le plat de la machette avant de pouvoir mettre son agresseur au sol et le désarmer. ll a une suspicion de fêlure des côtes et reçoit une ITT de 6 jours.
Une deuxième scène est évoquée plus tard dans la soirée avec une arme à feu. L'arme n'étant pas retrouvée par la suite par les gendarmes, aucune poursuite n'est finalement retenue. Reconnu et confondu par les nombreux témoins, l'agresseur à la machette est interpellé le 16 avril dernier et placé en garde à vue. Il finit par reconnaître les faits après plusieurs auditions.
À la barre, il minimise les faits et ne comprend pas pourquoi il y a eu une plainte : "Il y a eu un arrangement, on s'est serré la main, il ne devait pas porter plainte", atteste-t-il.
Il vient de finir un stage visant à prévenir la récidive
Bien connu de la justice, l'individu a un casier déjà fourni de 5 mentions, dont 4 pour des violences. Pour autant, le jeune adulte, sous le coup d'un sursis probatoire, ne se considère pas comme quelqu'un de violent : "Je n'ai pas envie de gâcher mon avenir et d'aller en prison. Je ne suis pas violent", explique-t-il au tribunal. Il vient d'ailleurs de finir un stage visant à prévenir la récidive : "Ce n'est pas super efficace vous concernant", tance le président.
"On navigue quand même dans un autre monde. Où vit-on pour entrer sur un terrain armé d'une machette pour régler un problème ? C'est n'importe quoi", fustige, désabusé, le procureur de la République. "Imaginez la violence qu'il déploie alors qu'il s'agit d'un tournoi du ramadan. C'est censé être quelque chose de convivial. Heureusement qu'il regrette parce qu'à l'écouter, c'est lui la victime et les autres des menteurs, c'est consternant. Il était encore sous bracelet 10 jours avant les faits et il commet ça. Il n'y aura aucune clémence", conclut le parquet qui, faisant un parallèle avec les violences à Mayotte, requiert 3 ans de prison et le maintien en détention.
À l'annonce des réquisitions, les cris et les pleurs d'une jeune femme se font entendre. Comprenant sans doute la gravité des faits qu'il a commis, le prévenu qui est assis se penche en avant, la tête enfouie dans ses deux mains.
"Même si on trouve ça consternant, ça n'a rien à voir avec ce qu'il se passe à Mayotte", répond la défense. "Tout ne s'est pas arrêté à cause de monsieur. Il n'y a rien d'extrêmement grave même s'il est vrai qu'il passe devant vous pour des violences pour la quatrième fois. Il faut voir quel quantum on lui met ce soir parce que 3 ans, je ne comprends pas. Il y a un décalage que je ne peux pas entendre. On sait où il va ce soir, mais on peut être un peu raisonnable sans pour autant faire preuve de clémence", plaide la robe noire.
La défense du prévenu aura été entendue par le tribunal. Yassin S. est condamné à 2 ans de prison et à la révocation d'un sursis restant de 2 mois. Il est maintenu en détention.


