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St-André : Un kiné accusé d'avoir agressé ou violé 18 patientes la plupart mineures demande la liberté

Arnaud B. est en détention depuis trois ans, soupçonné d'avoir abusé sexuellement de 16 patientes, la plupart des mineures et violé deux d'entre elles. En sanglots ce matin devant les magistrats de la chambre de l'instruction, il a demandé à attendre son procès devant la cour criminelle près des siens. La chambre d'instruction a finalement rejeté son appel sur décision du juge des libertés et de la détention.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 13 février 2024 à 12H29

Teint halé, cheveux poivre et sel coupés en brosse, Arnaud B. est un quadragénaire à l’allure sportive. Ce mardi matin, il se trouvait à la barre de la cour d’appel pour contester l’ordonnance rendue récemment par le juge des libertés et de la détention. Ce dernier a en effet décidé de la prolongation de sa période de détention provisoire. Une période très longue, puisque le mis en cause soupçonné d’avoir agressé et violé 18 patientes lorsqu’il était kinésithérapeute à Saint-André est en prison depuis trois ans. Une situation plutôt rare pour des faits de cette nature.

Ce délai s'explique par le nombre très important de victimes, la plupart mineures. Après le temps de la libération de leur parole, chacune d’entre elles a été entendue par le juge d'instruction en charge de ce dossier et a subi une expertise psychologique et/ou psychiatrique afin de déterminer la véracité des propos tenus.

C'est l’une d’entre elles, en 2020, qui s’était confiée lors d’un entretien avec une infirmière scolaire sur les sévices sexuels qu’elle aurait subis en allant se faire soigner chez le spécialiste. "J’ai commis des erreurs, hors de question que ça recommence", a balbutié l’intéressé en sanglots ce mardi matin.

Selon nos informations, Arnaud B. aurait déjà fait l’objet de poursuites judiciaires en 2011 pour des faits similaires. "Il n’a pas pour autant changé de comportement", a fustigé la représentante de la société qui s'est opposée à une levée d'écrou. Les faits reprochés à Arnaud B. se seraient déroulés entre 2010 et 2020. Deux victimes racontent avoir été forcées à lui faire une fellation au cours de leur consultation.

Des actes d'autant plus gravissimes étant donné la vulnérabilité des victimes et l’ascendant que le professionnel avait sur elles. Le quadragénaire est décrit par les experts comme un homme ayant "de grandes frustrations sexuelles" et ayant recours à l’alcool pour lever ses inhibitions. Il aurait d'ailleurs profité de "la situation d’infériorité de ses victimes" pour en abuser.

Bientôt jugé à la cour criminelle devant laquelle il encourt la peine de 20 ans de réclusion criminelle, Arnaud souhaiterait "retrouver les siens" avant le procès. "La détention provisoire n’a pas vocation à être une vraie peine", souligne son avocat, Me Gabriel Odier. Quant aux reproches selon lesquels le suspect aurait tenté d’obtenir, via sa propre mère, les coordonnées de certaines de ses patientes afin de faire pression sur elles, la robe noire précise que lors de sa garde à vue, son client avait été hospitalisé. "Il avait, à ce moment-là, demandé à sa mère de trouver les coordonnées de certaines de ses patientes pour obtenir des témoignages de bonne moralité", plaide le conseil qui a précisé que son client reconnaissait certains faits d'agression sexuelle, mais pas les viols. Ce sera donc, selon toute logique, parole contre parole le jour de l'audience criminelle.

La cour a mis sa décision en délibéré. La chambre d'instruction a finalement rejeté son appel sur décision du juge des libertés et de la détention.

Etiquettes : Agression sexuelle

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