Soupçons de détournement de fonds : L'affaire mettant en cause Bruno Domen classée sans suite

L'enquête menée depuis avril 2022 par la brigade de recherches de Saint-Paul sous la houlette du parquet de Saint-Pierre s'achève sur un classement sans suite. Tout a commencé par une dénonciation de Thierry Robert, ancien maire de St-Leu, qui indiquait à la justice que pendant la campagne électorale des municipales de 2020, Bruno Domen, candidat et maire sortant, avait organisé à des fins électives la distribution de colis alimentaires, entre avril et juin 2020, à la population pour un montant de 20.000 euros. Thierry Robert précisait également au procureur qu'un colistier aurait prêté 20.000 euros en espèce à son opposant afin qu’il puisse employer des agents de sécurité pendant sa campagne.
Après investigations, le parquet du Sud a considéré qu'il y avait prescription concernant les faits de distribution de colis alimentaires pendant la période électorale. En effet, les faits auraient dû être dénoncés dans les six mois suivant les résultats de l'élection concernée (juin 2020), alors que les allégations de Thierry Robert datent de 2022.
Selon nos informations, le parquet a considéré en outre que les colis litigieux avaient été distribués au cours d’une élection marquée par la crise sanitaire, Bruno Domen ayant ainsi procédé à cette distribution en sa qualité de maire afin de venir en aide à la population et non en tant que candidat, à des fins électives. La majorité des colis alimentaires avait d'ailleurs été distribués après le 22 mai 2020 alors que l'édile n’avait plus d’opposant. On se souvient que le deuxième tour de ces élections, initialement prévu le 22 mars 2020, avait eu lieu le 28 juin 2020, soit trois mois après le premier tour pour cause de confinement.
En ce qui concerne une éventuelle minoration des frais de campagne du maire sortant qui avait, un temps, été soupçonnée et fait l'objet de vérification par la justice, cette dernière a considéré que les dépenses alimentaires afin de distribuer des colis aux familles dans le besoin pendant la crise sanitaire ainsi que les frais de sécurité mis en cause n'avaient pas eu pour finalité l’obtention des suffrages des électeurs. Ces dépenses électorales n'avaient ainsi aucune raison de figurer aux comptes de campagne.


