Soirée entre amis : elle dénonce deux viols après un rapport consenti avec son ex

Karima* pensait passer une soirée sans encombre avec des proches, dont un ex-petit ami. Mais au petit matin, la jeune femme affirme avoir été victime de viols dans une voiture. Tandis que les analyses médicales confirment des lésions, l’un des accusés reste en détention, tandis que l’autre a été remis en liberté, suscitant l’incompréhension de la défense.
Karima* était loin de se douter que cette soirée entre amis allait virer au cauchemar. La jeune femme était sortie en discothèque dans le sud du département avec des proches, dont un de ses ex-petits amis et un cousin de celui-ci. La fête s'était déroulée sans incident particulier. Au petit matin, une relation sexuelle avait eu lieu dans une voiture avec l'ex-compagnon alors que le propriétaire du véhicule en question et son dalon attendaient un peu plus loin.
L'ex-copain avait été raccompagné à son domicile. Karima était restée avec les deux autres, pensant également renter chez elle. Mais selon ses dires, les deux hommes auraient abusé d'elle. Soufiane* lui aurait imposé une relation buccale. Yohann* un rapport sexuel complet.
Un rapport sexuel puis deux viols dans la même voiture
Traumatisée, Karima avait enfin réussi à regagner son logement. Elle s'était immédiatement confiée à sa mère et avait téléphoné à sa meilleure amie et des proches pour leur raconter ce dont elle venait d'être victime. Elle avait ensuite porté plainte. Les analyses médicales avaient confirmé des lésions en rapport avec les faits.
Hier, un de ses agresseurs présumés s'est présenté à la barre de la chambre de l'instruction afin de faire appel de la prolongation de sa période de détention provisoire. Âgé de 20 ans, le jeune homme, pantalon beige et polo bleu marine, semblait apeuré sur le banc des mis en cause. Dans la salle d'audience, ses parents n'ont pu cacher leur émotion lorsque leur fils, après leur avoir demandé pardon, a rappelé que s'il avait effectivement eu une relation sexuelle avec Karima "c'est parce qu'elle était consentante".
Une différence de traitement
Le juge d'instruction en charge de ce dossier n'a pas la même interprétation de la situation. Yohann et son dalon vont être prochainement renvoyés devant la cour criminelle pour répondre de viols en réunion. Ils encourent 20 ans de réclusion criminelle. Cependant, poursuivi pour les mêmes faits, Soufiane a quitté la maison d'arrêt depuis janvier dernier. Le coaccusé a été placé sous contrôle judiciaire avec un certain nombre d'obligations à respecter.
Un élément largement développé par l'avocat de Yohann qui ne comprend pas cette différence de traitement entre les deux intéressés. D'autant que Yohann a un casier vierge et pourrait être hébergé loin de la victime présumée en attendant d'être convoqué à l'audience criminelle. Mais le représentant de la société évoque un viol "commis avec violence" et le déni du vingtenaire qui a un temps expliqué "qu'elle n'avait pas dit non" avant de déclarer "qu'il ne s'était rien passé".
Autre élément qui inquiète le parquet général : la divergence de versions données par les coaccusés. Jean-Philippe Rey évoque le risque de concertation ainsi que le risque de pression sur Karima avant le procès. "Quel signal allez-vous envoyer à la cour lors du procès si l'un arrive libre alors que mon client est détenu ?", interroge Me Frédéric Hoarau. En vain.
La cour, après en avoir délibéré, a confirmé la décision du juge des libertés et de la détention. Yohann reste écroué.
*Prénoms d'emprunt


