Six mois ferme pour avoir poignardé les pompiers venus le secourir à La Possession

Fortement alcoolisé, l’homme de 52 ans avait donné des coups de couteau aux pompiers venus lui porter secours le 21 janvier dernier à La Possession. Un caporal avait été blessé au niveau du cou.
L’affaire arrive opportunément à l’audience de comparution immédiate lundi 9 mars, six jours après que le ministre de l’Intérieur a écrit aux préfets au sujet d’un Plan de prévention et de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers. Il y est question de "tolérance zéro", alors que, depuis 2021, on recense chaque année 1.500 agressions envers les pompiers sur l’ensemble du territoire national.
Le caporal "a eu beaucoup de chance"
Des violences parfois "gratuites et imprévisibles" note la procureure, comme celles commises le 21 janvier dernier sur des pompiers volontaires de La Possession. Ce soir-là, un équipage vient se porter au secours d’un individu ivre mort et qui "ne tient plus debout" selon les appels au 18.
Dans un premier temps, l'homme âgé de 52 ans se montre plutôt calme. Mais au moment de monter dans l’ambulance, il chute et réagit de manière extrêmement violente. Sortant de son sac un Opinel de 18 cm, il tente d’abord de piquer un premier pompier au niveau du visage. Puis il frappe un second avec sa lame, qui vient toucher le cou du pompier. Le forcené est finalement maîtrisé et confié aux gendarmes.
"Ce caporal a eu beaucoup de chance. Le coup est passé tout près de la carotide et ses collègues ont dû lui faire un point de compression" souligne Me Caroline Chane-Meng-Hime, avocate des victimes, également soutenues à l’audience par la direction du SDIS974 et les organisation syndicales.
"Je n'ai rien contre les pompiers"
"Je ne me souviens de rien du tout. J’ai du mal à comprendre. Je ne suis pas violent, je n’ai rien contre les pompiers", s’excuse le prévenu, SDF depuis trois mois après avoir perdu son emploi. "Cela pose quand même question, c’était un geste particulièrement violent", relève le président. Un acte d’autant plus étonnant que l’homme n’est pas connu de la justice et ne souffre d’aucune pathologie psychiatrique selon l’expert qui l’a examiné.
"C’était une intervention anodine, les pompiers ne s’attendaient pas à être attaqués", reprend la partie civile. "Il faut une réponse claire et forte : les secours ne doivent pas être des cibles. Ils font un travail essentiel à la cohésion sociale, basé sur les valeurs d’altruisme", note l’avocate.
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"Sur une autre planète"
Rappelant que l’auteur "a visé des zones vitales", le parquet requiert une peine mixte de 16 mois de prison dont dix avec sursis probatoire.
"Il était sur une autre planète et n’a aucun souvenir des événements. Peut-être qu’il s’est senti agressé", plaide Me Catherine Moissonnier en défense. "Avec 2,43 g d’alcool dans le sang, il n’est même pas certain qu’il ait délibérément visé le cou du pompier" envisage l’avocate, demandant la clémence du tribunal.
Les juges vont toutefois suivre à la lettre les réquisitions du parquet, prononçant le maintien en détention du prévenu.


