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Sainte-Suzanne : les habitants de la Marine dénoncent des eaux stagnantes et "polluées" dans leur quartier

Ecrit par P.M. – le samedi 27 décembre 2025 à 16H04
Les riverains dénoncent une "pollution" récurrente du canal qui traverse le quartier (photo prise le 12 décembre).

À la Marine, à Sainte-Suzanne, des habitants alertent sur la présence récurrente d’eaux stagnantes et "polluées" dans un canal d'eau pluviale qui traverse le quartier. Alors que la saison cyclonique a débuté, ils se disent inquiets pour leurs habitations et leur santé.

Depuis plusieurs années, un canal naturel qui traverse le quartier de la Marine concentre les préoccupations des riverains. Parmi eux, le collectif d’habitants déjà mobilisé contre la construction d’un lotissement de 117 logements, interpellé par des propriétaires qui habitent le long du canal, dénonce l’état d’un réseau d’évacuation qu’il juge "insuffisamment entretenu".

En cause, une absence d’exutoire du canal, censé se jeter dans le canal de dérivation de la rivière Sainte-Suzanne, là où est situé le stade en eaux vives. Si un entretien a été effectué, semble-t-il par la Cinor, l’absence d’un réel exutoire ne permet pas à l’eau de s’écouler normalement.

"Du fait qu’on n’a pas réellement d’entretien régulier de ce canal, l’eau stagne et s’évacue très mal", explique Fred, un membre du collectif. Le canal a "toujours existé". Il collecte notamment les eaux provenant du ruisseau Foutac avant de se déverser dans le bras de la rivière de Sainte-Suzanne, un point d’évacuation "obstrué" et "non entretenu". Un ruisseau Foutac dont l'entretien a été réalisé récemment par la DEAL tient à mettre en avant le collectif.

Interrogée à ce sujet, la mairie met en avant l’absence de convention avec le propriétaire du foncier en cause, situé en aval. Un terrain planté en cannes.
À cette problématique d’écoulement s’ajoute, selon le collectif, "une pollution d’hydrocarbures dont on a du mal à trouver l’origine".

Une pollution signalée depuis plusieurs années

Les habitants affirment que le phénomène n’est pas nouveau. " Ce n’est pas la première année et c’est toujours pareil ", assure un riverain, évoquant l’odeur persistante qui remonte lorsque l’eau se repose. Plusieurs d’entre eux affirment avoir alerté à la fois la mairie, la DEAL et la Cinor : " Ils ont été alertés sur le problème. Aujourd’hui, il n’y a personne qui s’y intéresse vraiment, rien n’a été fait pour véritablement régler le problème ", peste un riverain direct.

Le collectif va plus loin et dénonce une " pollution des sols ", via d’importants remblais situés en amont "qui sont le résultat d’un remblayage de la zone il y a quelques années pour aménager une zone d’activité".

Plusieurs habitations jouxtent directement le canal.

La crainte des inondations et des risques sanitaires

Avec le début de la saison cyclonique, l’inquiétude grandit. « Le canal n’étant pas ouvert, les habitants s’inquiètent », résume un représentant du collectif. Les derniers épisodes pluvieux ont ravivé les souvenirs des cyclones Bellal, Garance ou encore Fakir, durant lesquels plusieurs familles ont vu l’eau remonter à l’intérieur des maisons.

" À Sainte-Suzanne, quand on a les fortes pluies, c’est la nappe qui remonte. Elle repousse toute la pollution qu’on a en dessous ", explique un habitant, évoquant un phénomène récurrent dans le quartier. " Chaque année, ça revient ", ajoute un autre.

Pour certains résidents, la lassitude est telle qu’ils envisagent des actions radicales : " Ils sont presque à dire qu’ils vont boucher le canal parce qu’ils en ont marre de ce problème. "

Si à chaque pluie l'eau devient plus claire, la "pollution" reprend ensuite rapidement ses droits.

Les responsabilités en question

L’entretien du canal et du réseau d’évacuation se trouve au cœur des critiques. Selon les habitants, plusieurs acteurs seraient concernés : « Il y a une partie qui relève de la Cinor et une partie qui relève de la mairie. » Mais, affirment-ils, « tout le monde se renvoie la balle et personne ne met la main dedans ».

Des travaux de nettoyage auraient récemment été effectués, mais jugés insuffisants. "Si on attend le dernier mois avant la période des pluies ou des cyclones, on n’en sortira pas. " Certains évoquent également la présence d’anciens remblais et demandent qu’un diagnostic complet soit repris, comme lors de réunions précédentes avec les autorités.

En attendant, les habitants disent se préparer comme ils peuvent, tout en réitérant leur appel à une intervention structurelle. "C’est votre santé aussi qui est en jeu ", lance un membre du collectif à un voisin venu constater la pollution.

Le collectif assure qu’il poursuivra ses démarches pour obtenir des réponses sur l’origine des traces d’hydrocarbures et sur le calendrier d’entretien du canal.

L'absence d'exutoire du canal est pointe du doigt par les riverains.

Une "pollution résiduelle"

Questionnés, des agents de la Cinor, dont la responsable du service eaux usées, se sont rendus sur place la semaine dernière, accompagnés par la CISE. Concernant l’entretien du canal dans sa partie aval, la balle est renvoyée vers la mairie.

Concernant la "pollution", celle-ci serait résiduelle pour les agents, la pluie lessivant les huiles et autres déchets présents sur la chaussée, et le résultat d’une dégradation des végétaux et de poissons morts, faute d’oxygène, "sur le même principe qu’une mare".

La mairie met, elle, en avant la présence mi-décembre d’eaux usées observée dans le canal du secteur de La Marine, liée au fonctionnement d’un déversoir de tête de la STEP de Terre des 3 Frères, "activé lors de fortes pluies lorsque la capacité hydraulique est dépassée", reconnaît la Cinor dans un message.

Pas l’origine du problème, récurrent, selon les habitants, qui demandent une table ronde sur le sujet en présence de tous les acteurs concernés.

Etiquettes : Sainte-Suzanne

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