Sainte-Suzanne : Alek ne vote pas les comptes de Gironcel

L’entente affichée il y a un an lors des législatives paraissait bien lointaine hier soir au conseil municipal, durant lequel Croire et oser a critiqué la gestion communale, votant contre le compte administratif. Le groupe remet aussi en question l’audit réalisé sur les comptes de l’AS Sainte-Suzanne.
Mais c’est par un point sur l’actualité par Maurice Gironcel, que le conseil a débuté. Le dernier pour le DGS de la commune, Eddy Balbine, qui aurait fait valoir ses droits à la retraite. « Des événements majeurs sont intervenus dans le monde depuis notre dernier conseil, nous devons rester attentifs, suivre et réfléchir pour tirer des enseignements », déclare le maire.
L'édile évoque ensuite le dernier bilan économique de l’IEDOM : « Nous pouvons retenir que la situation s'aggrave. Le chômage augmente, le nombre de dossiers de surendettement explose. Le monde économique est très inquiet. La campagne sucrière s'annonce catastrophique. Nous savons aussi que le Gouvernement envisage de réaliser 40 milliards d’euros d'économie».
« La vie d’un militant communiste n’est pas facile »
Face aux « difficultés qui perdurent », il dit attendre le prochain CIOM, prévu pour le 10 juillet avec trois points à l'ordre du jour, décline l’élue : la vie chère, Mayotte et la souveraineté alimentaire. Pour se « préparer », une troisième « conférence Péi » aura lieu à Saint-Benoît, début juillet, pour faire remonter des propositions.
Concernant « l'actualité lorsque j'étais à Paris. Je vous dirais tout simplement que la vie d'un militant communiste n'est pas facile. Notre majorité tient bon et nous restons mobilisés dans l'intérêt de la population, je ne ferai pas plus de commentaires », déclare l’édile, en référence au procès des marchés truqués du Sidelec.
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Lors de l’examen des marchés publics passés par la ville depuis le début de l’année, Olivier Dugain (ex-Croire et oser) demande « plus de transparence » à la majorité en faisant référence aux « soupçons de clientélisme » qui ont valu au maire d’être « convoqué à Paris ».
Alexandre Laï-Kane-Cheong (Croire et oser) interroge lui aussi la majorité sur les capacités de paiement de la mairie envers les entreprises, évoquant des factures non honorées : « La collectivité a-t-elle encore la capacité à payer des factures et avec quels délais de paiement ? », questionne-t-il. Ils sont de 40 jours, rétorque le DGS, « quand le délai légal est de 30 », critique l’élu de l’opposition.

"Cet audit n'en est pas un"
Le conseil s’est ensuite penché sur l’examen de deux audits réalisés sur les comptes du Football Club Bagatelle et de l’AS Sainte-Suzanne pour les années 2022 et 2023. Des audits commandés au cabinet Valentis par la mairie, qui n’avait pas versé de subventions en 2024, pointant des interrogations quant à l’utilisation des fonds.
Un dossier potentiellement explosif : le DGS de la mairie ayant porté plainte en janvier après l’irruption de deux responsables de l’AS Sainte-Suzanne dans son bureau. Du passé, semble-t-il. Jugeant le dossier « complet », Maurice Gironcel appelle à prendre acte des deux audits : « L’AS Sainte-Suzanne est aujourd'hui dans les règles de la comptabilité publique », déclare l’édile en feuilletant les onze pages de comptabilité envoyées par le club.
Alexandre Laï-Kane-Cheong ne suit pas : « Je suis incapable de dire si cet audit éclaire ou non ma décision, ce rapport d’audit n’en est pas un, il n’éclaire nullement la collectivité, ni les associations qui dépendent de ces subventions ».
Si, pour le cas du Football Club de Bagatelle, le cabinet Valentis atteste bien de la concordance des informations envoyées par le club, il se dit en revanche dans l’incapacité d’établir une attestation concernant l’AS Sainte-Suzanne, faute de "justificatifs demandés en vain ». Concernant les dépenses affichées en annexe, pas mieux : « Nous ne sommes pas en mesure d’attester de la concordance des informations », indique le cabinet.

L'heure des comptes
Place ensuite au vote du compte administratif de la ville, qui affiche un excédent de 165.354 euros.
Maurice Gironcel met en avant une augmentation globale de 5% des recettes "par une meilleure recherche de financements et le maintien des dotations de l'Etat", mais aussi une "maîtrise satisfaisante de nos charges de fonctionnement qui n'ont progressé que de 3%. Cela témoigne d'une gestion rigoureuse". Un bémol sur la section d'investissement, dont le niveau des réalisations "est en retrait
par rapport aux prévisions initiales. Certains projets ont pris du retard, ce qui se traduit malgré tout par un taux d'exécution de 82%".
Pas la lecture de l’opposant, de nouveau critique : « Est-on capable de donner des signes de confiance aux partenaires, si l’épargne brute n’augmente pas, si les dépenses de fonctionnement sont non maîtrisées et si les investissements restent flous ? », intervient Alek.
La trajectoire financière de la commune est bonne « et ne se juge pas sur un seul exercice », assure le DGS, évoquant des difficultés liées au chantier de la salle culturelle de Bagatelle, pour laquelle la mairie n’avait pas obtenu la subvention liée au REACT-UE.
Les cinq membres de Croire et oser ont voté contre le compte administratif (Alek s’était abstenu lors du dernier budget, NDLR), Olivier Dugain s’est, lui, abstenu.


