Revenir à la rubrique : Société

Saint-Pierre : Un quartier se mobilise contre l'installation d'une salle de réception dans une villa

À la Ravine-des-Cabris, les habitants d'un quartier se sont formés en comité afin de dénoncer l'installation d'une villa de location, qui fait également salle de réception, générant des nuisances sonores. Ils reprochent également au nouveau propriétaire de les duper depuis un an en prétextant avoir investi pour d'autres activités. De son côté, le propriétaire assure avoir fait toutes les démarches réglementaires pour respecter le voisinage et regrette de ne pas pouvoir avoir d'échange serein.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mardi 12 mars 2024 à 06H03
Les habitants du quartier se sont réunis afin de se faire entendre contre les nuisances sonores.

Située dans un secteur tranquille de la Ravine-des-Cabris, la villa Benvengudo divise actuellement le quartier situé à proximité de Condé-Concession. Depuis l'année dernière, l'arrivée d'un nouveau propriétaire de cette villa de location luxueuse provoque l'ire du voisinage qui craint de voir la quiétude des lieux anéantie par des fêtes constantes.

Une trentaine d'habitants du quartier se sont regroupés en comité afin de porter l'affaire en justice. Apprenant qu'une commission de sécurité se rendait sur les lieux dans le but d'entériner le site comme un établissement recevant du public (ERP), ils ont décidé de passer à l'offensive. Ils se sont regroupés devant la villa, banderoles en main, pour se faire voir et manifester leur désapprobation.

"On subit des nuisances de la villa depuis mai 2023. Il appelait ça une 'Pool House de luxe', mais on ne savait pas ce que ça voulait dire. Maintenant, on sait ce que ça veut dire. En gros, il organise des mariages, des anniversaires ou tout simplement une grosse soirée dans laquelle ils ont un gros système de son, où ils organisent parfois des concerts. C'est hyper bruyant. On est tous réunis, car on est tous impactés", explique un habitant du quartier.

"On a choisi ce quartier parce qu'il était calme"

"Il minimise ce qui se passe, il minimise les nuisances et agressions sonores. Comme dit créole : il fait zoreil cochon et il continue son petit business. Et nous, on n'en peut plus, parce qu'on n'arrive plus à dormir. C'est le cas pour beaucoup de voisins. On a choisi ce quartier parce qu'il était calme, mais avec la villa Benvengudo, c'est terminé", assure une autre riveraine.

Les habitants ont peur que ce quartier situé au milieu des champs de canne et de végétation ne se transforme en un lieu de fête tous les week-ends. Ils ont également peur que les nuisances répétées dévaluent la valeur de leur bien immobilier. Enfin, ils estiment que le nouveau propriétaire ne cesse de les "bananer" depuis son arrivée en assurant que la maison ne devait être qu'une location saisonnière avant de se transformer en salle des fêtes.

Un changement d'activité que reconnaît totalement Alain Délé, le propriétaire de la villa Benvengudo. "Au départ, je voulais acheter la maison pour qu'on s'y installe avec ma famille et je voulais faire construire quatre logements sur le terrain. Mais j'ai trouvé dommage de détruire ce lieu magnifique et de ne pas développer une activité commerciale en basculant sur une activité touristique."

"Je comprends qu'ils aient peur"

Assurant vouloir "préserver l'environnement et le voisinage", il a fait installer un limiteur de décibel qu'il a fait certifier par l'ARS. "Je comprends qu'ils aient peur que le lieu se transforme en lieu de fête continue, mais ce n'est pas son rôle premier", indique Alain Délé qui affirme avoir été surpris par le comité d'accueil lors du passage de la commission de sécurité.

Alain Délé assure regretter que la situation s'envenime et se dit acculé par les voisins. Il assure être dans son droit et respecter toutes les normes.

Cependant, il réfute les accusations de nuisances trop fréquentes. "Il y a eu trois mariages et trois fêtes d'entreprises en dix mois. Par contre, je reconnais qu'il y a eu un concert où les musiciens sont venus avec leur matériel. Lorsque j'ai reçu les vidéos des nuisances générées, je m'en suis voulu", assure-t-il.

Il a donc pris la décision d'interdire aux clients de ramener leur matériel sonore, de faire terminer la musique à 23 h au lieu de minuit et indique qu'il va faire appel à une entreprise de sécurité pour s'assurer que les clients ne fassent pas de bruit à l'extérieur.

Comme les riverains, Alain Délé ne veut pas perdre son investissement "assez lourd". Cependant, il regrette que les échanges soient houleux et espère toujours pouvoir trouver un terrain d'entente. Reste à savoir si la solution entre les deux parties se trouvera au tribunal ou au bord de la piscine.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :