Saint-Louis : Un homme frappe le client d'un snack avec la crosse d'un pistolet

Samedi dernier, c'est une scène assez surréaliste à laquelle les clients d'un snack ont assisté. Louis*, 35 ans, est attablé avec des amis d'enfance avec qui ils se rappellent les souvenirs. Sans raison apparente, Louis commence à s'énerver sur des sujets aussi banals que de savoir si on mange de la viande tombée à terre. Finalement, c'est lorsque son ami va lui demander de payer une bière à quelqu'un qu'il ne connaît pas qu'il va complètement dérailler.
Louis va chez lui chercher un pistolet. Il revient au snack où il veut trouver son dalon, qui s'est enfui entre temps. Il se met à hurler en menaçant avec son pistolet avant de frapper un client qui se trouvait là avec la crosse du pistolet sur la tête. Il va ensuite tirer deux coups en l'air. Le gérant du snack baisse le rideau métallique et entend de nouveaux tirs.
Il est interpellé rapidement par les gendarmes, qui retrouveront des munitions et des armes dans ses véhicules et son domicile. Du côté de la famille et des amis de Louis, c'est l'incompréhension. Le trentenaire est vu comme quelqu'un de gentil qui n'a jamais fait de problèmes dans le quartier. Beaucoup pensent qu'il avait pris des substances, ce qu'il nie totalement.
"Il vit avec les nerfs à vifs"
"Incompréhensible, c'est comme ça que l'on peut qualifier le procès, même après cette audience. C'est incompréhensible et donc inquiétant, car on ne sait pas ce qui a provoqué cette colère. De plus, il ne semble pas dans la repentance", argue la procureure qui requiert une peine de 2 ans de prison, dont 8 mois de sursis probatoire.
Des explications que va tenter d'apporter Me Ludivine Crauste. "Il a perdu sa mère il n'y a pas longtemps, et il vit dans un sentiment d'injustice permanent. Il vit avec les nerfs à vif. C'est pour ça que les témoins n'ont pas compris qu'il soit comme ça et ils pensaient qu'il avait consommé quelque chose", souligne-t-elle.
Elle va ensuite rappeler que l'enquête des gendarmes confirme que l'arme n'était pas chargée et que les faits ne sont pas clairs, puisque les versions des différents témoins divergent. "Ici, on parle de détresse psychologique et émotionnelle. Ce n'est pas quelqu'un de violent, c'est quelqu'un qui a dérapé et qui a besoin de soins", ajoute Me Crauste.
Finalement, le tribunal va le condamner à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire. Il doit indemniser la victime et à interdiction de se rendre au snack. Il a également l'interdiction de porter une arme durant 5 ans.
*Prénom d'emprunt


