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Saint-Leu : Une famille vole 70 chariots dans une grande surface

Une famille Saint-Louisienne a été condamnée pour vol aggravé par le tribunal de Saint-Pierre. Durant plusieurs mois, ils ont fait passer des chariots pleins à la caisse où travaillait l’une des filles avec des factures à moins de 10 euros. La société n’a pas été reconnue comme partie civile, faute d’avoir transmis les documents nécessaires.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 28 octobre 2022 à 09H04

En avril dernier, le directeur du E. Leclerc du Portail à Saint-Leu dépose plainte contre l’une de ses employées. L’un des agents de sécurité a eu des soupçons en voyant passer régulièrement les mêmes clients avec la même caissière environ tous les trois jours. En vérifiant sur les bandes vidéo, il constate que ces derniers ont payé un caddie plein à… 4,90 euros.

Sur la bande vidéo, le vigile remarque que la caissière fait la manœuvre pour passer en mode "contrôle prix" et ainsi faire baisser drastiquement la facture. Le contrôle de la carte de fidélité indique 82 passages entre octobre 2021 et mars 2022. Les factures baissent au fur et à mesure, passant de 80 euros à moins de 8 euros dans la grande partie des cas.

Le magasin va estimer la perte entre 20 et 30.000 euros, mais ne demande que 9335 euros de dommages et 1000 euros de frais juridiques, bien qu’aucun avocat ne les représente. Ils ont dénombré 70 passages litigieux en estimant une moyenne de 145 euros de perte à chaque caddie passé, mais aucun justificatif ne vient appuyer ces chiffres.

"Je pensais que c’était bien ce que je faisais"

Lors de leur première garde à vue, la famille va d’abord nier, malgré les articles retrouver à leur domicile lors de la perquisition. Finalement, la caissière va avouer lors de sa deuxième audition. "Je pensais que c’était bien ce que je faisais, car j’aidais ma famille", se justifie la caissière au tribunal.

S’ils reconnaissent les faits, la famille réfute le chiffre de 70 passages frauduleux. Ils se défendent avec des arguments comme "c’est pas possible, on travaille" ou "jamais, ça ferait cher en essence". Pour expliquer leur geste, la mère de famille va expliquer que "c’était comme une drogue, on a commencé une fois et ensuite on a continué". Ils avouent même qu’ils auraient poursuivi s’ils ne s’étaient pas fait prendre.

Pour la procureure Caroline Calbo, il s’agit bien d’un vol en réunion et non de complicité de vol. Selon la parquetière, les chiffres donnés par l’entreprise sont minimisés. Néanmoins, elle estime que "leur attitude à l’audience montre qu’ils ont compris les faits". C’est pourquoi elle requiert une peine de 150 heures de travail d’intérêt général (TIG) pour les deux filles et 4 mois de prison avec sursis pour les parents.

"Ce n’est pas de l’arithmétique, c’est du foutage gueule"

Me Alain Le Bras va s’attacher à discréditer les demandes du magasin lors de sa plaidoirie. "Ce n’est pas une manière de faire un bilan comptable, c’est une manière de voyous financiers qui se veut se faire de l’argent sur cette famille. Ils chiffrent le prix de vente en incluant la TVA au lieu du prix d’achat. De plus, tous les supermarchés facturent les produits entre 7 à 8% supplémentaires pour couvrir les vols. Enfin, ils défiscalisent les stocks qui sont volés. Donc, ils se sont déjà remboursés fiscalement. Ce n’est pas de l’arithmétique, c’est du foutage gueule", s’emporte la robe noire.

Finalement, les juges vont suivre les réquisitions en condamnant les parents à 4 mois de prison avec sursis et les filles à 150h de TIG. Le magasin est débouté de sa demande de constitution de partie civile, pour la simple raison qu’il n’a pas fourni les statuts de la société au tribunal.

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