Saint-Leu : une concertation citoyenne pour repenser l’école de demain

Après avoir consulté ses administrés sur l'avenir de ses 22 écoles, la mairie de Saint-Leu dévoile ses priorités pour la rentrée et lance, en partenariat avec la CAF, un grand diagnostic territorial dédié à la petite enfance.
La grande consultation lancée en mai auprès des administrés a suscité une forte mobilisation à Saint-Leu, matérialisée par 500 contributions de parents d'élèves. Les conclusions de cette concertation, restituées ce jeudi 2 juillet à l’auditorium par le maire Karim Juhoor, mettent l'accent sur les attentes pressantes autour des 22 écoles de la commune, qui accueillent près de 4.000 élèves. Vétusté des bâtiments, gestion de la chaleur dans les classes, encadrement de la pause méridienne et baisse des contrats aidés PEC constituent les principaux défis de la rentrée prochaine.
Pour le premier magistrat de la commune, la réponse à ces problématiques ne peut être que collective. « C'est un débat citoyen, parce que si nous voulons faire vivre la démocratie, nous devons donner la parole à chacun et permettre à tous de participer », soutient Karim Juhoor. Face aux constats de manque d'écoute ou de dialogue en souffrance par le passé, le maire affirme sa volonté d'associer les directeurs d'école, les enseignants, les parents et le personnel communal aux futures prises de décisions : « Je suis convaincu d'une chose : ces décisions doivent être prises ensemble, avec l'ensemble des acteurs concernés. »
L'ambition affichée est de traiter l'éducation comme un parcours global. « L'éducation ne se limite pas au temps passé en classe. Comme je le dis souvent, elle commence lorsque l'enfant quitte son domicile le matin et se poursuit jusqu'à son retour le soir. C'est tout un parcours éducatif », rappelle l'élu. La municipalité travaille ainsi en permanence avec l'Éducation nationale pour développer des projets créatifs et des sorties scolaires avec les moyens disponibles.
Une carte scolaire stable malgré des disparités immobilières
Du côté des effectifs, la situation locale affiche une relative sérénité. Philippe Mespoulhé, inspecteur de l'Éducation nationale pour le secteur de Saint-Leu, se veut rassurant : « Nous sommes bien protégés sur la question des effectifs. Il y a plus d'ouverture que de fermeture de classe. »
L'inspecteur nuance toutefois ce bilan global en pointant du d'importantes disparités démographiques très localisées. Les quelques fermetures enregistrées touchent en effet des secteurs spécifiques, influencés par des facteurs socio-économiques. « Les quelques fermetures qu'on a concernent seulement certains quartiers, je pense notamment à la Pointe des Châteaux, où les prix de l'immobilier et le vieillissement de ce quartier font qu'on a moins de jeunes enfants et des familles ont du mal à s'installer ici », analyse Philippe Mespoulhé.
Cette évolution de la sociologie des quartiers renforce la nécessité d'une adaptation constante des services, tant sur le plan des infrastructures que de l'encadrement humain. L'inspecteur encourage d'ailleurs la municipalité à poursuivre ses efforts d'accompagnement des agents municipaux œuvrant dans les établissements : « Plus la mairie ira vers la professionnalisation de ces personnels plus on aura des agents de qualité. »
Entre compétences communales et interpellation de l'État
Si la municipalité affirme vouloir assumer pleinement ses compétences et être exemplaire, elle pointe également les limites des dotations actuelles et les manques relevant de la responsabilité de l'État, notamment le déficit d'Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH). « Nous lui demandons d'entendre les difficultés auxquelles les communes sont confrontées et d'apporter les moyens nécessaires, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui », interpelle Karim Juhoor.
Dans un contexte de gestion scolaire particulièrement complexe, la stratégie saint-leusienne va reposer sur une hiérarchisation stricte des priorités et sur une optimisation des ressources. « Nous devons concentrer nos efforts sur l'essentiel, garantir le bon fonctionnement des écoles et mettre en œuvre des améliorations qui ne nécessitent pas forcément des dépenses considérables », indique le maire. Pour pallier le manque de budgets, la ville compte renforcer son ingénierie de projet pour capter des financements extérieurs auprès du Département, de la Région et de l'Union européenne. « Nous ne pourrons pas tout faire, mais nous devons apprendre à penser autrement », concède l'édile.
Cap sur un schéma directeur de la petite enfance
Dans le prolongement de cette dynamique de structuration des services à la population, la ville de Saint-Leu engage une démarche similaire pour le secteur de la petite enfance. Un diagnostic territorial va être déployé de juillet à décembre 2026 par le cabinet Evolutio afin de recenser l'offre existante en structures d'accueil comme les crèches, les micro-crèches et les assistantes maternelles. Cette démarche doit permettre d'identifier précisément les besoins des familles. Cette phase d'enquêtes en ligne, d'entretiens et d'ateliers collectifs débouchera sur la création du futur Schéma directeur de la petite enfance, visant à harmoniser et développer l'offre sur l'ensemble du territoire communal.


