Saint-Joseph : Des orientations budgétaires qui n'ont pas fait débat

“Le contexte général n'invite pas à l'optimisme”, déclare d'emblée le maire à l'occasion de ce premier conseil municipal de l'année. L'inflation prend “plus que jamais une pente vertigineuse” et une coupe de 12 milliards d'euros a d'ores et déjà été annoncée par le gouvernement pour 2025. “Ce plan économique ne va pas épargner Saint-Joseph”, déplore Patrick Lebreton. L'édile entend toutefois faire le “choix de l'intérêt des Saint-Josephois et du développement de notre commune”.
2023 constitue, pour Saint-Joseph, la première année de “retour à la normale” des finances après la crise Covid. Sa capacité de désendettement s'élève à 9 ans, ses délais de paiement des entreprises courent sur 19,5 jours alors que le délai légal est de 30 jours. “C'est une bonne chose, on paie dans les temps”, se félicite Patrick Lebreton.
Pour autant, Saint-Joseph doit aussi faire avec des “facteurs extérieurs”. Les deux projets de réformes de la dotation globale de fonctionnement et de l'octroi de mer vont ainsi impacter le budget de fonctionnement à hauteur de 45 %.
Sous l'effet de l'augmentation du point d'indice, des cotisations retraites ou encore des marchés passés et à renégocier en raison de l'inflation, les dépenses sont en hausse pour 2024.
16 millions sont en revanche alloués à l'investissement pour 2024. Pour y parvenir, la commune compte sur des projets à taux de subvention élevé mais aussi sur un prêt de 4 millions d'euros et sans augmenter, pour sa part, les impôts. Sur la question, difficile pour Patrick Lebreton de ne pas revenir sur “le livre noir de la CASUD qui laisse les traces de la responsabilité ou irresponsabilité”. Alors que les communes et intercommunalités ont jusqu'au 15 avril pour voter les taux d'imposition de fiscalité directe locale, Patrick Lebreton veut “faire entendre l'augmentation de la part de la CASUD de 2% [survenue l'année dernière] et celle aussi du gouvernement de 7,9%”. “Nous sommes des élus dans une majorité. Je ne veux pas me taire quand notre population est agressée fiscalement “, se tourne-t-il vers les chaises vides de l'opposition. Des élus sont pour certains souffrants. À la part intercommunalité du foncier bâti, Patrick Lebreton ajoute l'augmentation de la taxe Gemapi. “Même si on était contre elles, elles sont passées au bazooka”, lance l'édile.
L'affaire 17 concernant le renouvellement de la charte avec l'association "VHU Réunion" a enfin été l'occasion de soulever les manquements de l'intercommunalité sur la commune de Saint-Joseph en matière "d’élimination et de valorisation des déchets des ménages et déchets assimilés". Alors que les cas de leptospirose battent des records, la ville entend redoubler d'efforts pour enrayer l'abandon des véhicules hors d'usages sur le domaine public avec l'aide de l'association "VHU Réunion".


