Revenir à la rubrique : Société

Saint-Benoît : la grève reconduite à la cuisine centrale, la restauration des élèves maintenue

Ecrit par P.M. – le mercredi 9 septembre 2026 à 18H12
La grève a été suivie par environ 80% des agents de la restauration scolaire selon la FSU (photo D.R).

Les grévistes ont décidé de reconduire leur mouvement demain jeudi à la cuisine centrale du lycée Jean-Claude Fruteau à Saint-Benoît. Malgré des avancées sur les effectifs et le matériel, la FSU maintient ses revendications salariales. De son côté, la direction assure que la restauration des élèves et des internes reste assurée. 

La grève se poursuit à la cuisine centrale du lycée Jean-Claude Fruteau de Saint-Benoît qui assure la restauration d'une quinzaine d'établissements du second degrés dans l'Est. Après une première journée de mobilisation, les agents ont décidé de reconduire leur mouvement, indique Christian Picard, secrétaire départemental de la FSU. Cela malgré une nouvelle rencontre organisée cet après-midi à la pyramide inversée.

Une décision prise malgré plusieurs avancées obtenues à la suite des discussions avec la Région. Le syndicat reconnaît notamment avoir été entendu sur une partie des revendications concernant les effectifs et les équipements.

“La partie matérielle, physique, a été entendue”, reconnaît Christian Picard.

Lire aussi : Saint-Benoît : préavis de grève à la cuisine centrale du lycée Jean-Claude Fruteau, plus de 6.000 repas concernés

Quatre renforts et du nouveau matériel

Sur les moyens humains, quatre nouveaux contrats doivent permettre de renforcer les équipes. Deux remplacements avaient déjà été annoncés en début de semaine par la Région, deux autres devant suivre.

Du côté du matériel, plusieurs investissements sont également annoncés, parmi lesquels une nouvelle chambre froide ainsi que du petit et du gros matériel destiné à la cuisine centrale.

Des réponses qui satisfont partiellement la FSU. Car pour le syndicat, le cœur du désaccord se situe désormais ailleurs : sur la reconnaissance financière et professionnelle des agents.

“C'est sur la partie revalorisation salariale, reconnaissance de la pénibilité et reconnaissance de la technicité des cuistots de cuisine centrale, qui fournit quand même plus de 6.000 repas par jour, que nous attendons des réponses”, explique Christian Picard.

Lire aussi : Grève à la cuisine centrale de Saint-Benoît : la Région répond à la FSU

“Trois ans que les collègues travaillent dans ces conditions”

Sur ces questions, les discussions n'ont pour l'instant pas débouché sur les réponses attendues par le syndicat. Des pistes pourraient être recherchées à travers le régime indemnitaire, notamment le RIFSEEP ou le complément indemnitaire annuel (CIA).

Mais les propositions de la collectivité ne devraient intervenir que dans les prochaines semaines, selon la FSU. Un calendrier jugé trop lointain par les grévistes.

“Même si on est satisfait de la moitié des revendications sur le point de vue matériel, ça fait trois ans que les collègues travaillent dans ces conditions-là, et trois ans qu'ils font avec six, sept agents en moins. À un moment donné, ils attendent un peu plus de reconnaissance”, insiste Christian Picard.

Selon le responsable syndical, la mobilisation a été très suivie au sein de la cuisine centrale avec environ 80% de grévistes (sur 25 employés), ne permettant pas un fonctionnement normal de l'outil de production.

Ce qui pourrait avoir des répercussions sur plusieurs jours, la cuisine centrale travaillant en anticipation à J-1.

Le lycée Jean-Claude Fruteau.

“Il ne s'agit pas de rendre otages les élèves et les familles”

Face à cette situation, Dominique Panambalom, proviseur du lycée Jean-Claude Fruteau et ordonnateur de la cuisine centrale, insiste sur un autre impératif : assurer la continuité de la restauration scolaire.

“Bien entendu, nous respectons le droit de grève, mais il ne s'agit pas de rendre otages les élèves et les familles de l'Est.””, rappelle-t-il, tout en estimant que des réponses ont été apportées sur une partie des revendications.

Il souligne notamment le remplacement des postes manquants ainsi que les investissements matériels annoncés. Sur les questions de rémunération, de carrière ou de NBI, le proviseur rappelle en revanche qu'elles relèvent de l'autorité administrative de la Région et non du chef d'établissement.

Mais pour le proviseur, la priorité immédiate est ailleurs : éviter que le conflit social se répercute sur les milliers de jeunes dépendant quotidiennement de la cuisine centrale dans l'Est (plus de 6.000 repas servis).

“Derrière, il y a des familles. Il y a des élèves, quasiment sur l'ensemble du bassin Est, qui déjeunent et qui dînent, notamment pour les internes. Il faut sécuriser ça”, explique-t-il.

Des prestataires mobilisés pour maintenir les repas

Le proviseur assure que des solutions alternatives ont été mises en place conjointement avec la Région.

La cuisine centrale dispose d'abord de stocks permettant d'absorber une partie des besoins. Des prestataires locaux ont également été sollicités afin de produire et de livrer directement certains établissements, sans passer par la cuisine centrale.

Si la solution représente un coût supplémentaire, elle assure une réponse à court terme. La Région doit prendre en charge le différentiel.

L'objectif est de garantir la restauration des demi-pensionnaires mais aussi celle des internes, pour lesquels la continuité du service est particulièrement importante.

“L'internat restera ouvert”, assure le proviseur, qui indique que les familles ont été informées des dispositions prises.

La question salariale reste le point de blocage

Si la FSU reconnaît des avancées sur les moyens humains et matériels, elle maintient ses revendications sur la revalorisation du régime indemnitaire, la reconnaissance de la pénibilité et l'attribution de la NBI.

Sur la NBI, la Région a répondu que les agents concernés ne remplissent pas les conditions réglementaires pour en bénéficier. Elle indique toutefois étudier une revalorisation des postes nécessitant une technicité particulière dans le cadre de la révision du RIFSEEP.

Des propositions pourraient être formulées en octobre. Un délai jugé trop long par la FSU, qui réclame des réponses plus rapides pour mettre fin au mouvement.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :