Saint-André : guerre de chiffres entre Joé Bédier et Jean-Marie Virapoullé sur le budget communal

Ce jeudi 5 juin, les élus de Saint-André se réunissent en conseil municipal pour examiner une quarantaine de rapports, dont plusieurs dossiers majeurs. En ligne de mire : les comptes 2024, une nouvelle tarification scolaire solidaire et la future Maison des Seniors.
Le conseil municipal de Saint-André s’annonce chargé ce jeudi soir. Une quarantaine de rapports seront présentés aux élus, avec en point d’orgue la validation du compte administratif et du compte de gestion 2024. Le maire, Joé Bédier, y voit la preuve d’une gestion "rigoureuse et responsable", quand l’opposition dénonce un "gouffre financier".
Des finances “saines”, assure Joé Bédier
Devant les élus, Joé Bédier a insisté sur la concordance parfaite entre les comptes administratifs, qui traduisent l’action municipale, et les comptes de gestion, établis par le comptable public. "Ces résultats positifs nous permettront de poursuivre les projets structurants et d'améliorer le service public rendu à nos habitants", a souligné l’édile. Il annonce un excédent global consolidé de 4,18 millions d’euros, dont 2,25 millions pour le budget principal et 2,55 millions pour le budget ANRU 2.
Le maire met aussi en avant une dynamique d’investissement depuis 2020, avec plus de 150 millions d’euros engagés en cinq ans, et 20 millions prévus pour 2025, dans un budget total de 130 millions. Une stratégie soutenue, selon lui, par une gestion stricte des dépenses de fonctionnement, en particulier les charges de personnel, et par la recherche active de subventions nationales et européennes. "Depuis 2020, nous n’avons pas augmenté les impôts et nous avons voté le gel de la fiscalité locale pour 2025", insiste Joé Bédier.
L’opposition dénonce des chiffres maquillés et une ville en déclin
Jean-Marie Virapoullé, chef de file de l’opposition municipale, dresse un tableau bien plus sombre. Il accuse la majorité d’avoir maquillé les chiffres, pointant un déficit de 1,8 million d’euros pour le budget principal et une épargne nette en réalité négative. "Le maire a triché sur le calcul de l’épargne nette. [...] Ce n’est plus un trou dans le budget, c’est un gouffre financier", dénonce-t-il.
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Il alerte également sur la dégradation du service public au quotidien : "L’essence est rationnée, les commerçants ne sont pas indemnisés, la qualité des repas dans les cantines se détériore, la ville est sale, l’éclairage public défectueux… Saint-André-Ville des Lumières vit dans le fénoir."
Un tarif à 1 euro pour les cantines maternelles
Parmi les autres points forts à l’ordre du jour figure l’instauration d’une tarification solidaire pour la restauration scolaire en maternelle. Dès la rentrée 2025-2026, les familles ne paieront qu’un euro par mois, soit 9 euros pour l’année. Une mesure "sans condition de ressource" et touchant les 3.000 enfants inscrits en maternelle l'an prochain que la mairie présente comme un acte fort de justice sociale. L’opposition, elle, s’abstiendra lors du vote. "Plutôt que lancer une mesure électoraliste à la veille des élections, le maire ferait mieux d’améliorer la prestation de la restauration scolaire", tranche Jean-Marie Virapoullé.
Autre dossier : la signature d’une convention entre la mairie et le CCAS pour la création de la future Maison des Seniors au Domaine de la Vanille. Ce centre proposera des actions de prévention, des activités culturelles et sportives, ainsi que des dispositifs d’accompagnement à domicile.
Enfin, deux motions seront soumises au vote : l’une liée aux assurances après le passage du cyclone Garance, et l’autre en faveur de l’instauration du congé menstruel pour les agentes territoriales, dans une volonté affichée de "créer un cadre de travail plus juste et respectueux des besoins de chacune", selon la mairie.


