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Saint-André : cantine à 1 euro et “pass saint-andréen” de 100 euros mais pas de "chèque carburant"

Ecrit par P.M. – le mercredi 15 avril 2026 à 12H25
A l'occasion des orientations budgétaires, Joé Bédier a confirmé la mise en place de la cantine à un euro à partir de la prochaine rentrée.

À l’occasion du premier conseil municipal de la nouvelle mandature, ce mardi, Joé Bédier a confirmé l'application cette année de plusieurs promesses de campagne, en commençant par l'instauration à la rentrée prochaine de la cantine à un euro pour tous. L’opposition, par la voix de Laurent Virapoullé, a plaidé sans succès pour la mise en place d’un “chèque carburant”.

Le débat sur les orientations budgétaires a occupé une place centrale lors du premier conseil municipal de la mandature, organisé mardi soir au parc du Colosse, dans une ambiance toujours particulière, de par la présence de soutiens de la majorité comme de l’opposition. Des soutiens qui n’ont pas hésité à applaudir ou à huer les différentes prises de parole selon les auteurs.

Dans un contexte décrit comme marqué par “des contraintes financières de plus en plus fortes”, “un désengagement progressif de l’État” et des “incertitudes économiques”, Joé Bédier a défendu une ligne fondée sur la “proximité au quotidien”, la “rigueur et la responsabilité” ainsi que la poursuite de projets structurants pour la ville, faisant de ces orientations “le cap politique de notre action pour cette nouvelle phase de mandat”.

Cantine à 1 euro et pass confirmé

En amont, lors d'une conférence de presse, ce dernier a dressé les grandes lignes de l'action municipale pour cette année, confirmant une promesse de campagne : la mise en place de la cantine à 1 euro “pour tous”, à compter de la prochaine rentrée scolaire d’août.

Un effort financier d’environ un million d’euros pour la commune, qui concerne plus de 9 000 demi-pensionnaires des écoles primaires. La mairie chiffre l'économie pour une famille à 250 euros par an.

Même confirmation concernant la création d'un “pass saint-andréen”, d’un montant de 100 euros par an, qui sera destiné aux enfants jusqu’au CM2 sur justificatif d’inscription dans une association de la ville. L’objectif affiché est d’encourager la pratique d’activités en dehors du temps scolaire.

Le début du chantier de la Grande-Place prévu en juin

Sur le plan budgétaire, Joé Bédier chiffre le budget primitif 2026 autour de 130 millions d’euros et rappelle que la commune a investi entre 2020 et 2026 150 millions d’euros.

Le maire a également cité plusieurs opérations appelées à avancer au cours de la mandature, parmi lesquelles le renouvellement urbain du centre-ville et le lancement du chantier de l’îlot de la Grande Place à partir de juin, la poursuite de création de nouveaux parkings ou encore la pose prochaine de la première pierre du lycée de métiers de l'hôtellerie et du tourisme.

L'opposition a demandé l'instauration d'un "chèque carburant" financé par les surplus de recettes d'octroi de mer.

L'opposition réfute la "stabilité fiscale"

Laurent Virapoullé a, lui, pointé une augmentation des charges à caractère général et des dépenses de personnel depuis 2023, ainsi qu’un ratio de dépenses de personnel qu’il a jugé “particulièrement préoccupant”, à 73 % des dépenses de fonctionnement.

Il a dénoncé l'absence d'augmentation du budget du CCAS et réfute l'argument de “stabilité fiscale”, mettant en avant une augmentation de la base fiscale.

S’il a dit ne pas remettre en cause le principe de la cantine à 1 euro, Laurent Virapoullé a alerté sur le risque, selon lui, d’une dégradation de l’épargne nette de la commune, qu'il chiffre à 1,5 million d'euros, si de nouvelles dépenses étaient engagées “sans maîtrise plus forte du fonctionnement”.

Un "chèque carburant" pour "La Réunion i lève grand matin"

L’opposant a aussi demandé que la commune mette en place un chèque carburant pour “la Réunion i lève grand matin”, à l'image de celui appliqué par la mairie de Sainte-Rose, dans le contexte de la hausse des prix à la pompe.

Il a proposé que cette aide soit financée à partir de recettes supplémentaires liées à la fiscalité sur les carburants, sur le modèle de l’aide annoncée par la Région pour les transporteurs. Un surplus de recettes qu'il chiffre à environ 90 000 euros par mois, citant un communiqué de la Région dans lequel elle indiquait que la majeure partie des recettes supplémentaires attendues en avril, soit 1,4 sur 1,9 million, est reversée aux communes.

"Vous n'y connaissez rien à la pêche !"

En réponse, le DGS, Clément Padre, a contesté l’analyse de l’opposant, estimant que la commune ne bénéficiait pas de recettes supplémentaires de cette nature, car “fixes”.

Le DGS a aussi défendu les niveaux de dépenses consacrés à l’entretien des écoles et au personnel communal, en rappelant les contraintes propres à la collectivité. Et de s'étonner que l'élu de l'opposition appelle dans le même temps à de nouvelles dépenses sociales et à la rigueur budgétaire.

“Vous pouvez aussi mettre la main à la poche”, intervient Joé Bédier, évoquant “des régimes fiscaux spécifiques dans le cadre de votre profession, vous bénéficiez de grosses dérogations fiscales”. Une référence à l'activité de pêche de son adversaire politique.

“Je ne bénéficie d'aucun régime spécifique, mes bateaux sont au port de La Réunion et le siège de mon entreprise est situé à côté de la mairie, ne parlez pas de pêche, vous n'y connaissez rien”, lui rétorque Laurent Virapoullé.

Joé Bédier donne un "conseil"

Le débat est devenu plus animé ensuite avec une nouvelle passe d'armes entre Joé Bédier et Jean-Marie Virapoullé. Ce dernier a de nouveau fustigé la situation financière de la commune, ciblant notamment des délais de paiement des entreprises "passés de 38 à 93 jours en six ans", mettant en doute les réalisations annoncées par la majorité.

"Vous êtes toujours dans la même litanie depuis 2020", s'agace le maire, donnant un "conseil" à son opposant : "Arrêtez ça, vous nous aviez prédit que nous allions droit dans le mur et je suis devant, je débute ma deuxième mandature et comme président de la Cirest vous verrez tout ce que nous allons mettre en place".

Le maire de Saint-André a également mis en avant un effort de 10 millions d'euros par an pour revaloriser les bas salaires au sein de la mairie, en guise de réponse sur les mesures sociales mises en œuvre depuis son élection en 2020, et dénonçant la situation à son arrivée dans le fauteuil de maire.

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