Rétrocession des Chagos : Londres et Washington resserrent les rangs autour de Diego Garcia

Alors que le Royaume-Uni s’apprête à restituer l’archipel des Chagos à Maurice, la question du maintien de la base militaire de Diego Garcia continue de structurer les discussions entre Londres et Washington, dans un contexte diplomatique sensible.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président américain Donald Trump se sont entretenus par téléphone mardi 3 février, à un moment clé des négociations entourant la rétrocession des Chagos. Selon Downing Street, cet échange a notamment porté sur la poursuite de la coopération entre les deux pays afin de garantir le fonctionnement de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, considérée comme stratégique dans l’océan Indien.
Les autorités britanniques ont rappelé l’importance accordée à cet accord, soulignant que les deux dirigeants ont reconnu le rôle central de Diego Garcia dans le dispositif de sécurité commun aux deux pays.
Un accord politiquement sensible
Au cœur du dossier figure un accord de long terme prévoyant la restitution de l’archipel des Chagos à Maurice, tout en maintenant un bail de 99 ans sur l’île principale de Diego Garcia. Cette disposition doit permettre au Royaume-Uni et aux États-Unis de conserver leur présence militaire sur le site. Le coût global de l’accord est estimé à 35 milliards de livres sterling, soit environ 40 milliards d’euros, étalés sur un siècle.
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Si cet arrangement vise à concilier exigences diplomatiques et impératifs sécuritaires, il continue de susciter des réactions contrastées, notamment sur le plan politique.
Des tensions récemment ravivées
En janvier, Donald Trump avait publiquement critiqué la décision britannique de restituer les Chagos à Maurice, estimant que cette orientation affaiblissait les intérêts stratégiques occidentaux dans la région. Des déclarations qui avaient contribué à tendre les relations entre Londres et Washington.
Keir Starmer avait alors jugé que ces prises de position s’inscrivaient dans une logique de pression politique, dans un contexte international déjà marqué par des divergences, notamment sur d’autres dossiers territoriaux sensibles.
L’échange du 3 février apparaît ainsi comme une tentative de stabilisation diplomatique autour d’un enjeu stratégique majeur, alors que la rétrocession des Chagos reste un dossier suivi de près sur la scène internationale.


