Retraites en Outre-mer : Karine Lebon dénonce des inégalités persistantes, rapport à l'appui

La députée réunionnaise Karine Lebon a présenté mercredi à l’Assemblée nationale un rapport soulignant les fortes disparités entre les pensions des retraités ultramarins et celles de l’Hexagone. Elle appelle à des mesures concrètes pour garantir une “vieillesse digne” à tous.
Les écarts de niveau de vie entre retraités ultramarins et hexagonaux restent frappants. C’est ce que révèle le rapport présenté le 5 novembre en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale par Karine Lebon, députée de la 2e circonscription de La Réunion, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2026.
Selon la parlementaire, les retraites ultramarines sont « le miroir d’inégalités structurelles profondes et d’une invisibilité persistante dans les politiques publiques nationales ». À La Réunion, le montant moyen d’une pension s’élève à environ 1.200 euros, contre plus de 1.500 euros dans l’Hexagone, alors que le coût de la vie y est bien plus élevé : les prix alimentaires dépassent de 37 % ceux de la métropole.
Plusieurs recommandations
Résultat, plus d’un retraité ultramarin sur cinq dépend de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), contre seulement 4,2 % au niveau national. Ces disparités trouvent leur origine dans des carrières plus souvent interrompues, un chômage structurel élevé et des discriminations persistantes.
Les fonctionnaires d’État ne sont pas épargnés. Le rapport pointe notamment l’exclusion de La Réunion et de Mayotte du nouveau régime additionnel de retraite, censé compenser la suppression de l’indemnité temporaire de retraite (ITR).
Pour y remédier, Karine Lebon formule plusieurs recommandations : la suppression de la récupération sur succession pour l’ASPA — ou à défaut, l’exclusion de la résidence principale de son calcul —, la réintégration de La Réunion et de Mayotte dans le régime additionnel de la fonction publique, et une meilleure prise en compte des réalités ultramarines dans les études et statistiques nationales.
« Garantir une vieillesse digne à toutes et tous, quel que soit le territoire, est un impératif républicain. L’égalité de droit ne suffit pas : nous devons conquérir l’égalité de fait », a déclaré la députée réunionnaise.


