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Règlement de comptes à Saint-Pierre : Deux policiers blessés par l'explosion d'une grenade lacrymogène

Alors qu'un policier brandit une grenade lacrymogène, un des protagonistes s'en empare et la fait exploser.
Ecrit par P.B. – le samedi 6 juillet 2024 à 08H01
Photo : Alexandre Robert

Les faits se sont produits le 25 août dernier à Saint-Pierre. Jordan* T. répond à la provocation de celui qu'il croit discuter avec son ex-copine sur les réseaux et se rend devant une pizzeria. Elvis* est là et les deux jeunes en viennent aux mains. Jordan est plaqué au sol et reçoit de nombreux coups. C'est à ce moment-là que son père Mickael* et son ex-beau-frère William* arrivent. Elvis, en voyant les renforts arriver, parvient à se réfugier dans la pizzeria. La famille T. veut absolument en découdre malgré l'arrivée d'une patrouille de police.

Les forces de l'ordre sont obligées de menotter Elvis pour tenter d'apaiser la situation et de le faire sortir du restaurant. Mais rien n'y fait. Une dizaine de personnes sont désormais réunies à l'extérieur, à proximité du véhicule de police.

C'est dans la voiture que la situation dérape. Les forces de l'ordre sont prises à partie. Alors que le policier installé au volant se retourne et brandit une grenade lacrymogène pour tenter de faire fuir les assaillants, William s'empare de la grenade qui explose à 20 cm du visage du policier. Deux policiers sont ainsi brulés au visage par le gaz. Un troisième est également touché.

À la barre du tribunal correctionnel, William explique avoir saisi la grenade “par réflexe” pour protéger son ex-belle famille, assure-t-il. “On voulait pas qu'il s'en sorte comme ça”, finit par avouer le jeune homme.

“Face à l'autorité, on décide quand même de se faire justice tout seul”, tance le parquet qui demande un an de prison ferme à l'encontre de William.

Pour la défense de Mickael, Me Nicolas Dyall plaide la relaxe, évoquant “un père qui a seulement voulu séparer dans la bagarre”.

William échappe finalement à la prison ferme. Il est condamné à 18 mois de prison avec sursis, l'interdiction de contact et de paraître au domicile d'Elvis durant 2 ans et à l'interdiction de porter une arme durant 5 ans.

Père et fils, Michael et Jordan, écopent également de 12 mois de sursis.

Pour les violences exercées sur Jordan, Elvis est condamné à 500 euros d'amende et à l'interdiction de porter une arme durant 5 ans.

Pour les blessures infligées aux policiers, William et Mickael devront payer solidairement 5.000 euros de préjudices.

*prénoms d'emprunt

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