Réforme de l’assurance chômage : la CFDT dénonce un « carnage total »

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a vivement critiqué la réforme de l’assurance chômage envisagée par le gouvernement dans le cadre du budget 2026.
Reçue ce lundi par la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet a fustigé un projet qui, selon elle, entraînerait un recul massif des droits pour les demandeurs d’emploi.
« C’est un carnage total pour les demandeurs d’emploi », a-t-elle déclaré à l’issue de l’entretien, dénonçant un volume d’économies « qui n’a jamais été fait ». Selon ses estimations, la réforme permettrait au gouvernement de dégager entre 2 et 2,5 milliards d’euros dès la première année, puis entre 3 et 4 milliards en année pleine, une fois les mesures pleinement appliquées.
Une réforme budgétaire sous tension
L’échange avec la ministre, qualifié d’« explication franche et directe » par la dirigeante syndicale, s’inscrit dans le cadre de l’« effort budgétaire » souhaité par l’exécutif. Outre l’assurance chômage, le gouvernement souhaite également engager des discussions autour du droit du travail, incluant notamment la monétisation de la cinquième semaine de congés payés ou la suppression de deux jours fériés.
Des propositions qui ont suscité une levée de boucliers du côté syndical. Pour Marylise Léon, « il ne peut pas y avoir de négociation si ce n’est pas pour du progrès social ». Elle dénonce une vision déconnectée du terrain : « Ce sont des dispositions qui donnent à voir un gouvernement complètement déconnecté de ce qui se passe dans le monde du travail ».
Inquiétudes élargies sur le droit du travail
Revenant sur la suppression envisagée de jours fériés, la dirigeante de la CFDT a rappelé que « le monde du travail a refusé de travailler deux ans de plus avec les retraites, il refuse aussi de travailler deux jours de plus ». Quant à la monétisation de la cinquième semaine de congés, elle l’a qualifiée d’« extrêmement injuste ».
Face à l’ampleur des mesures envisagées, Marylise Léon a rappelé que « toutes les possibilités d’action restent ouvertes », annonçant un point d’étape fixé au 1er septembre, lors d’une réunion de l’intersyndicale. Elle a aussi précisé : « On décidera à la fin de l’été. »
Une opposition syndicale généralisée
La CFDT n’est pas seule dans sa critique. Si elle a été reçue ce lundi par la ministre, d’autres leaders syndicaux ont décliné l’invitation, préférant reporter les discussions à la rentrée. La CFTC devait être entendue dans la journée, tandis que la CGT, FO et la CFE-CGC ont repoussé les échanges.
Réunis récemment, les principaux syndicats ont exprimé leur irritation face au projet gouvernemental. Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, a appelé à une réponse à la hauteur des enjeux : « Il faut une riposte à la hauteur des attaques faites au travail. »


