Recours nouvelle route du littoral: L'Alliance très critique sur la position du rapporteur public

"Nous prenons actes du rejet de la requête par le rapporteur public. Mais ce sera au juge de se prononcer", explique Catherine Gaud. Les conseillères régionales de l'Alliance, Maya Césari et Catherine Gaud, se présentent avant tout comme citoyennes et pas seulement comme opposantes politiques, fait reproché par la rapporteur public. "Nous sommes au début d'une longue bataille judiciaire", poursuit-elle. Les deux conseillères régionales incitent dorénavant les Réunionnais à s'emparer du débat. "L'enjeu est d'importance pour les 40 prochaines années, durée des prêts pour financer la nouvelle route du littoral", ajoutent-elles.
Très critiques à l'encontre de la position du rapporteur public, elle ne comprennent pas que les points soulevés - environnementaux, coût du projet, validité de la DUP,... - n'aient pas été retenus. "Le rapporteur public s'est aligné sur la position du représentant de l'Etat, lui même aligné sur la position de la Région", affirme Catherine Gaud. "On espère que le juge prendra le recul nécessaire par rapport au rapporteur dans sa décision", qui devrait être rendue d'ici à un mois.
"Nous sommes convaincu de la justesse de notre position. La nouvelle route du littoral est un projet dangereux, mal ficelé, non abouti financièrement. Il serait dramatique pour les futures générations. Nous continuerons la bataille juridique", lâche-t-elle.
L'Etat attendu au tournant
Outre la décision favorable ou non du tribunal administratif, les élus de l'Alliance attendent deux autres décisions d'importances de la part du gouvernement sur la nouvelle route du littoral. "L'Etat doit donner sa position suite à la décision du CNPN (Comité national de la protection de la nature) qui avait émis un avis négatif par rapport au projet de nouvelle route du littoral", explique Maya Césari. "On attend de pied ferme sa décision", ajoute-t-elle.
Au-delà du positionnement du gouvernement sur le CNPN, les élus de l'opposition régionale n'ont toujours pas eu de réponse à leur demande formulée auprès de l'Etat sur le mandatement d'une expertise financière du projet de nouvelle route du littoral. "Nous sommes toujours dans l'attente d'une réponse. C'est incompréhensible face à l'ampleur du projet. On ne comprend pas pourquoi l'Etat ne diligente pas une expertise", précise Maya Césari. En cas de refus, la conseillère régionale y verrait un message négatif de la part de l'Etat, assimilé à une "lourde responsabilité" pour le futur de la Réunion.
"On refuse de participer à ce projet. Comme dit un vieil adage : A la marche de l'aveugle, le précipice", conclut-elle.
Une chose est sûre. Même si l'Alliance n'obtenait pas satisfaction devant le tribunal administratif, le bras de fer juridique avec l'Etat et la Région ne ferait que commencer sur l'épineux dossier de la nouvelle route du littoral.


