Récifs artificiels : La bonne période pour voir de beaux spectacles

De décembre à juin, un grand nombre de poissons juvéniles vient coloniser les récifs artificiels de la baie de la Possession, du Port et de Saint-Leu. Les quatre nouveaux sites installés en novembre 2008 à la Possession attirent essentiellement des espèces de fond qui viennent renforcer les peuplements des habitats naturels aux alentours.
Un dispositif qui a fait ses preuves au vu du concentré de poissons lors de la période de reproduction où les espèces prolifèrent. Chaque année, de décembre à mars, ce sont de beaux spectacles que les passionnés peuvent admirer dans la baie de la Possession, au Port et à Saint-Leu. De juin à septembre, les espèces migrent au large.
Dispositif "imprévisible et aléatoire"
Le fonctionnement des récifs artificiels est très "imprévisible et aléatoire", précise Mathieu Pinault, chef de projet à Pareto (Conseil et ingénierie de l'environnement) et étudiant en biologie éco-récifal. "Les résultats sont différents en fonction des endroits. Il y a des effets migratoires selon les saisons", sans compter les phénomènes naturels comme la houle et les cyclones qui nettoient tout sur leurs passages.
Dispositif du Port médiocre
Le site du Port est utilisé à l'agrégation des petits pélagiques, notamment les pêches-cavales, destinés à la pêche pour les DCP (Dispositifs de concentration de poissons). "C'est une opération qui ne fonctionne pas très bien, à cause des événements de houles successifs qui ont arraché les structures agrégatives", indique Mathieu Pinault.
Un habitat intermédiaire pour les poissons d'intérêt commercial
Le site de Saint-Leu fonctionne beaucoup mieux que celui du Port et a pour objectif d'attirer les poissons commerciaux tels que les pêche-cavales, les mérous et les ludjans. Leur concentration est exceptionnelle. "La pêche a un impact très fort sur les stocks de poissons. Ceux-là sont principalement concernés par les récifs artificiels soit 70% des abondances et 80% de la biomasse recensée sur les sites", observe Mathieu Pinault.
Un dispositif fragile
Cinq récifs artificiels installés en 1998 ont été détruits par le cyclone Gamède en février 2007. Ces habitats intermédiaires qui entrent dans le cadre du projet Corail (COlonisation de Récifs Artificiels à l'Ile de La Réunion 2007) sont donc fragiles mais nécessaires et représentent plusieurs dizaines de milliers d'euros d'investissement chaque année. Ce sont quand même pas moins de 180 espèces qui sont suivies sur l'ensemble des sites mais "d'autres espèces sont encore à répertorier dans les années à venir, probablement plusieurs centaines", conclut Mathieu Pinault.


