Récif coralliens : l'écosystème fragilisé à la Réunion, une étude en cours pour mesurer l'impact

Les récifs coralliens de la Réunion blanchissent, dû fait du réchauffement de la température océanique. Une situation qui va de mal en pis, la Préfecture, l'Ifrecor et la Réserve Marine lance une étude pour évaluer l'impact.
Depuis fin janvier 2025, l’ensemble des récifs coralliens de La Réunion est touché par un blanchissement intense, provoqué par des températures océaniques anormalement élevées. Le phénomène a culminé fin mars, mettant les coraux dans un état de stress élevé : encore vivants, ils risquent néanmoins de mourir en l'absence de baisse de température ou face à d'autres agressions (eau douce, boue, polluants…).
Les autorités dressent un constat alarmant : plus de la moitié du recouvrement corallien est touché par le blanchissement. Les zones les plus touchés sont Saint-Gilles, Grand-Bois et Grande Anse. Si le taux de mortalité demeure pour le moment faible (3%), la situation tend à évoluer. La mortalité finale sera évaluée au début de l’hiver austral, lorsque les températures baisseront.
Garance aggrave le phénomène
Le cyclone Garance, survenu le 28 février, a entraîné des apports massifs d’eau douce, de sédiments et de polluants depuis les ravines, aggravant l’état des récifs. La houle faible n’a pas permis leur évacuation, créant des dépôts atteignant 40 cm dans certaines zones. Ces conditions augmentent significativement le risque de mortalité des colonies coralliennes déjà affaiblies.
Outre la dégradation de la biodiversité, la préfecture alerte sur les conséquences : des risques pour la pêche locale et le tourisme, mais surtout, un affaiblissement de la protection côtière contre l'érosion et la houle. Les récifs faisant office de brise-lames.
Sous l’impulsion de l’État, de l’Ifrecor et de la Réserve marine, la plus grande étude jamais menée sur le blanchissement à La Réunion est en cours. Elle couvre tous les types de récifs (platiers et pentes externes), notamment ceux de Grand-Bois et Grande Anse, rarement étudiés jusqu’ici.
En attendant, des initiatives sont menées ou doivent être entreprises pour amortir le phénomène ; mieux gérer les bassins versants, lutter contre l'érosion des sols et renforcer les partenariats locaux pour préserver le littoral.


