Qui se cache vraiment derrière le collectif qui défend sa demande d'arrêté vestimentaire à Saint-Gilles-les-Bains ?

Après les propos tenus lors des vœux 2026 à la presse, le collectif d’habitants de Saint-Paul précise sa position et s’appuie plus largement sur les déclarations d’Emmanuel Séraphin, qui a écarté l’idée d’un arrêté municipal réglementant la tenue vestimentaire aux abords des plages. Retraités, familles, actifs et habitants des différents quartiers de Saint-Paul font front commun pour "plus de respect" dans la rue et dans l'espace public.
Le débat se tend autour de la demande d’arrêté municipal visant à encadrer la tenue vestimentaire hors zones de baignade à Saint-Gilles-les-Bains et plus largement encore, sur l'ensemble de la commune de Saint-Paul. Interrogé lors de ses vœux 2026 à la presse, le maire de Saint-Paul a affiché sa réserve, déclarant vouloir d’abord « savoir à qui je m’adresse avant de répondre ». Il s’est interrogé publiquement : « Qui sont les personnes derrière ce collectif ? Des habitants, des associations de riverains ? », ajoutant qu’« aucune plainte n’a été signalée à la mairie à ce sujet ».
Lire aussi : Emmanuel Séraphin ouvre l’année politique à Saint-Paul pour ses voeux à la presse
"Monsieur Séraphin sait très bien qui on est"
Des propos que le collectif juge réducteurs. Ses membres - une centaine au départ, avant que les rangs ne gonflent depuis quelques jours et le début de la polémique - assurent pourtant avoir directement adressé à l'édile plusieurs courriers, sans jamais avoir le moindre retour. "On y trouve notamment des familles, des riverains, des actifs, chômeurs de tous les quartiers de Saint-Paul... liste Marie-Josée Bègue de Saint-Gilles-les-Bains. Et on en a marre de voir des gens d'ici ou des touristes à moitié nus dans les rues de la ville. Sur la plage, ils font ce qu'ils veulent. Mais dans la rue, dans les lieux publics, on aimerait plus de respect pour les habitants." Des demandes formalisées à la mairie de Saint-Paul. "Monsieur Séraphin sait très bien qui on est", appuie-t-elle.
Les membres rappellent représenter une démarche citoyenne structurée, nourrie de remontées régulières d’habitants et de riverains, et estiment que l’absence de plainte formelle ne saurait suffire à balayer le sujet. Ils soulignent que des tensions existent, même lorsqu’elles ne donnent pas lieu à des signalements officiels. Ou encore à des plaintes formelles.
Le maire a également replacé la demande dans un contexte politique, évoquant l’approche des élections : « À l’approche des élections, on voit régulièrement se monter des collectifs qui cherchent la signature du maire, avant que certains de leurs membres ne se retrouvent sur des listes ou dans des équipes de candidats. » Une lecture que le collectif conteste, affirmant que sa démarche n’est ni électorale ni opportuniste, encore moins politique, mais motivée par des enjeux de cadre de vie, d’ordre public et d’image de la commune.
Le collectif regrette que le débat soit ramené à des arrière-pensées politiques
Sur le fond, Emmanuel Séraphin a estimé que la réglementation de certaines pratiques relevait davantage des forces de l’ordre : « Quant aux “kitounis”, c’est l’affaire de la gendarmerie », a-t-il tranché, concluant que la prise d’un arrêté municipal« ne [lui] semble pas nécessaire ». Une position que le collectif réfute, rappelant que les pouvoirs de police administrative du maire lui confèrent précisément la compétence pour fixer des règles d’usage de l’espace public.
Déjà exposée mi-janvier, la proposition citoyenne distingue clairement les zones de baignade - où la tenue de bain resterait autorisée - des espaces publics adjacents comme les parkings, promenades ou commerces. Elle définit une « tenue correcte » de manière neutre et générale, sans viser aucune tenue religieuse ou identitaire, et privilégie une approche pédagogique plutôt que répressive.
Au-delà de la controverse, le collectif dit regretter que le débat soit ramené à un soupçon d’arrière-pensées politiques. Il appelle le maire à « un dialogue constructif » associant habitants, associations et acteurs locaux, afin d’examiner sereinement une demande qu’il juge relever de l’intérêt général. En l’état, la municipalité maintient sa ligne : pas d’arrêté, et une vigilance confiée aux forces de l’ordre. Un désaccord de fond qui, à l’approche des échéances électorales, pourrait continuer d’alimenter les discussions sur le front de mer de Saint-Gilles.


