Queue de poisson et crachat...Un policier municipal poursuivi pour entrave à la circulation

Sur la route, la tentation est grande de se laisser aller à un sentiment de toute-puissance. Alors qu’il circulait sur la route des Tamarins au niveau de Saint-Leu à bord de son pick-up, le policier municipal en civil est arrivé à vive allure derrière la victime, l’a dépassée et a terminé la manoeuvre en queue de poisson. L’autre conducteur l’aurait ensuite dépassé. Les deux véhicules se sont ainsi suivis de manière rapprochée jusqu’à la sortie Portail.
Arrivé à un deuxième rond-point, le prévenu s’est finalement arrêté devant la victime, a immobilisé son véhicule sur la voie et est descendu en quête d’explications, visiblement énervé, a témoigné l’autre conducteur. Inquiet d’une situation qui pourrait davantage déraper, en présence de ses enfants assis à l’arrière, ce dernier a préféré rester à l'abri dans sa voiture, vitres fermées. Selon la victime, le policier municipal rouge de colère a également craché sur le pare-brise.
Une version que le policier municipal conteste. Il n’a aucunement commis d’entrave à la circulation. S'il est sorti 30 secondes de son pick-up ce n’était que pour vérifier que l’autre conducteur était dans son état normal, assure-t-il ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre. "Je ne me suis pas éternisé, on était à un rond-point". Celui qui a eu une conduite dangereuse ce n’est pas lui, assure-t-il, prenant pour preuve que la victime n’est pas présente aujourd'hui "pour faire face à ses mensonges".
En lui rappelant que le prévenu c’est lui, la vice-procureure tance un homme, policier municipal, qui a "du mal à accepter quand il a tort", empreint d'"une haute opinion de lui-même". 3 mentions figurent à son casier dont une récente pour extorsion. Face à ces éléments de personnalité et au regard des faits, un stage de sensibilisation à la sécurité routière et 3 mois de suspension de permis ont été requis.
Le tribunal rendra sa décision le 9 novembre prochain.


